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Afrique du Sud : 43 assassinats politiques à un mois des élections municipales

Au moins 43 personnes ont été tuées dans des attaques à connotation politique en Afrique du Sud depuis janvier, selon un rapport de l'Initiative mondiale contre le crime organisé. Les élections locales ont lieu le 4 novembre, et l'organisation juge que les mois les plus risqués sont à venir.

MBMadouce Boniking4 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 20 foisActualité
Afrique du Sud, 43 assassinats politiques à un mois des élections municipales
📷 Illustration : Afrique du Sud, 43 assassinats politiques à un mois des élections municipales © VOA Africa
Quarante-trois morts en neuf mois. C'est le bilan des assassinats à connotation politique présumés en Afrique du Sud depuis le début de l'année, selon un rapport publié vendredi 2 octobre par l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC), à un mois des élections municipales du 4 novembre.

Un bilan déjà au-dessus des précédents

Le rapport s'intitule « Bullets and Ballots », « des balles et des bulletins de vote ». Il couvre les neuf premiers mois de 2026, jusqu'au 30 septembre. Sur cette période, la base de données d'assassinats de l'organisation a enregistré 205 incidents de meurtres ciblés au total, selon la présentation de l'étude. Les assassinats à motivation politique présumée en forment une partie. RFI écrit que leur nombre a déjà dépassé celui enregistré lors des précédentes élections municipales. Le360, qui reprend l'AFP, va plus loin : le bilan de l'année dépasse déjà le total annuel enregistré depuis que l'organisation a commencé son suivi, en 2015. Les deux formulations ne disent pas exactement la même chose, et le rapport complet n'a pas pu être lu pour trancher.
Le360 évoque aussi 45 attaques à caractère politique au 30 septembre, qui ont visé principalement des responsables de partis, des conseillers de quartier, des membres d'organisations et de mouvements civiques, ainsi que des chefs traditionnels.

Qui est touché, et où

Sur les 43 personnes tuées, 13 appartenaient à l'ANC, le Congrès national africain, et huit au MK Party (MKP) de l'ancien président Jacob Zuma. La région la plus touchée est le KwaZulu-Natal, fief de Zuma et bastion du MKP, selon RFI et Le360. Vient ensuite le Gauteng, qui comprend Johannesburg, avec dix attaques (Le360/AFP).
Le responsable de la province du KwaZulu-Natal a pris la parole en fin de semaine, rapporte RFI, pour appeler au calme et demander aux partis de prendre leurs responsabilités afin que la compétition reste pacifique. En juin, un week-end d'inscription sur les listes électorales avait été le théâtre de plusieurs assassinats à travers le pays, notamment celui d'une candidate au poste de conseillère de quartier, abattue dans sa voiture.

Le crime organisé aux premières loges

Les élus locaux sont souvent en première ligne face au crime organisé, à l'extorsion ou à la corruption, rappelle RFI. L'Afrique du Sud enregistre l'un des plus hauts taux d'homicides au monde. Le rapport de GI-TOC situe d'ailleurs les assassinats politiques présumés dans un contexte plus large : hits du crime organisé, meurtres liés aux taxis minibus, meurtres sur commande à caractère personnel, tueries de masse liées aux marchés criminels.
Cette précision compte, parce qu'elle empêche une lecture trop simple. Un meurtre « à connotation politique présumée » n'est pas forcément commandité par un parti : les textes lus ne disent pas qui sont les auteurs ni ce qui motive chaque attaque.

« « Les mois présentant le plus de risques sont encore à venir, à mesure que les luttes pour le pouvoir politique s'intensifient. » GI-TOC, citée par Le360 (AFP) et RFI »

L'ANC sous pression avant 2029

Le scrutin du 4 novembre sera un test du soutien à l'ANC avant les élections nationales de 2029. Le parti qui a mené la lutte contre l'apartheid a perdu sa majorité en 2024. Les autres formations espèrent tirer profit du désenchantement : effondrement des infrastructures, criminalité, corruption.
Les textes lus ne donnent pas la réaction des partis cités, ni celle de la police sud-africaine. Ils ne disent pas non plus combien de ces affaires ont conduit à des arrestations. C'est le premier manque à combler avant publication. Pour l'instant, le seul chiffre solide est celui de GI-TOC, et la prévision qui l'accompagne n'invite pas à l'optimisme : le plus dur, dit l'organisation, reste à venir.
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