Les faits se sont déroulés dans la matinée. Un homme de 39 ans, domicilié à Plaisir, a ouvert le feu à plusieurs reprises depuis une voiture. À Trappes, il a tiré sur des personnes dans une station-service, puis il a rejoint la commune voisine de La Verrière. Là, selon le maire de La Verrière, deux agents de nettoyage « de type africain », qui travaillaient dans une école, ont été blessés, le tireur étant sorti de son véhicule pour faire feu. Une fillette de 12 ans a été atteinte de huit projectiles, rue Marcel-Rivière. Sa mère a raconté que son état était critique. Le suspect a été interpellé à Coignières par des policiers de la brigade anticriminalité, puis placé en garde à vue.
Le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'affaire peu avant 13 heures. Le procureur a qualifié ces faits de crime terroriste, en précisant que le mobile pourrait être raciste, a rappelé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Les mobiles restent à déterminer, mais, a-t-il insisté, « c'est clairement un crime terroriste ». Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a pour sa part parlé d'« un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe ». Selon lui, la personne tuée était d'origine africaine, et une autre victime grièvement blessée d'origine maghrébine.
En fin de journée, le chef de l'État s'est rendu à Trappes. « Ce qui s'est passé aujourd'hui est un tournant dans la vie de notre République et de notre nation », a-t-il déclaré, en parlant d'un attentat « qualifié par le parquet national antiterroriste ». Il a ajouté : « Ces personnes ont été visées à raison de leur couleur ou de leur religion supposée, et pour rien d'autre. » Pour Emmanuel Macron, ce qui rend l'attaque inédite, c'est qu'il s'agit selon lui du premier acte terroriste planifié pour tuer des compatriotes, dont des enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur prête.
Le président a appelé à l'unité : « Ni la peur, ni la colère », a-t-il martelé, invitant à ne « rien céder » et à ne pas « baisser la tête » face aux idées qui s'installent et pourraient justifier de tels actes.
Cette formule a toutefois été contestée. Le Figaro a jugé que le chef de l'État commettait une erreur en présentant ces faits comme une première, alors que d'autres violences à caractère raciste ont déjà été traitées par la justice antiterroriste. Un précédent récent est le meurtre d'un Tunisien de 45 ans à Puget-sur-Argens (Var), en 2025, dont l'enquête avait été confiée au PNAT et que des parlementaires avaient qualifié d'attentat raciste devant l'Assemblée nationale.
L'enquête doit maintenant établir le parcours du suspect, déjà connu de la police selon le Journal du dimanche, ainsi que ses motivations exactes, et le parquet antiterroriste précisera les poursuites. Pour les habitants de Trappes et de La Verrière, marqués par la violence de cette matinée, l'attention se porte d'abord sur l'état des blessés, en particulier celui de la fillette, toujours en réanimation vendredi soir, selon le maire de Trappes.









