La rame, un AVE de la Renfe, avait quitté la gare Madrid-Puerta de Atocha à 14 h 27. Vers 16 h 05, un feu a été détecté dans la cabine arrière, selon le gestionnaire des infrastructures Adif. Conformément aux protocoles de sécurité, les 283 voyageurs ont été évacués du convoi. Les pompiers sont intervenus pour éteindre les flammes, qui ont touché l'arrière du train. Les causes de l'incendie ne sont pas connues.
L'incident est survenu à un moment sensible. Le 12 octobre est la fête nationale espagnole, et ce lundi coïncidait avec le retour du long week-end du Pilar, une période de forte affluence sur les rails. La circulation à grande vitesse a été suspendue pendant plus de quatre heures, notamment entre Calatayud et Saragosse, avant d'être rétablie de façon progressive. Adif a précisé que les trains devraient emprunter une seule voie entre Ricla et Plasencia de Jalón tant que la rame touchée ne serait pas évacuée.
Les conséquences se sont étendues bien au-delà du train concerné. Plus de 11 000 voyageurs ont été affectés lundi soir, sur les services de la Renfe mais aussi de ses concurrents Iryo et Ouigo. Un bilan arrêté ensuite fait état de 18 autres trains immobilisés et de près de 13 000 voyageurs touchés. Des passagers racontent une nuit chaotique : « Nous nous sommes sentis complètement abandonnés », confie l'un d'eux au quotidien L'Indépendant.
Mardi 13 octobre, près de vingt-quatre heures après l'incendie, la situation restait difficile. La Renfe a indiqué que le train endommagé ne pourrait pas être déplacé dans la journée. Sur le tronçon concerné, les convois circulent donc sur une seule voie, à 80 km/h au lieu des 300 km/h habituels. Pour limiter les dégâts, l'opérateur a réorganisé ses horaires, fait circuler certains trains en double composition afin de transporter davantage de voyageurs, et réduit la vitesse sur des tronçons jugés peu fiables, ce qui allonge de trente minutes le trajet entre Madrid et Barcelone. Près de 20 000 voyageurs sont concernés par ces perturbations, selon un décompte repris par la presse française.
Cet épisode renforce l'image d'un réseau ferroviaire sous tension : la presse parle d'une année noire pour le rail espagnol. Reste à déterminer l'origine du feu, et à savoir quand la ligne Madrid-Barcelone retrouvera sa vitesse normale.









