Un Ivoirien qui dépose aujourd'hui une demande de visa américain de tourisme ou d'affaires peut se voir réclamer jusqu'à 20 000 dollars de caution avant de voyager. La Côte d'Ivoire figure sur la liste du département d'État américain des pays soumis à cette obligation, avec une date d'effet au 21 janvier 2026. Le montant se fixe à l'entretien consulaire.
Ce que dit la page officielle
La liste du département d'État contient 50 entrées, dont 30 pays africains en comptant la Côte d'Ivoire. On y trouve aussi le Nigeria, le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Gabon, la Guinée, la Gambie, la Mauritanie ou le Cap-Vert. Les dates d'effet varient : le Malawi et la Zambie sont concernés depuis le 20 août 2025, la Gambie depuis le 11 octobre 2025, la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe et la Tanzanie depuis le 23 octobre 2025. Le 1er janvier 2026 s'ajoutent notamment le Botswana, la Guinée, la Guinée-Bissau et la République centrafricaine. Le 21 janvier 2026, une série dont la Côte d'Ivoire. Le 2 avril, d'autres pays, dont l'Éthiopie, le Lesotho, Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Tunisie.
Le montant est de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars, « fixé lors de l'entretien consulaire ». La caution vise les visas B1 (affaires) et B2 (tourisme). Le demandeur remplit le formulaire DHS I-352 et paie via le site Pay.gov, mais seulement après l'instruction d'un agent consulaire, et uniquement sur le lien que celui-ci indique. Un tiers peut payer, à condition que le nom figurant sur le formulaire corresponde. Les versements se font et se remboursent en dollars, le déposant supportant les variations de change.
Les règles d'entrée et de sortie
La page précise que le titulaire doit entrer et sortir des États-Unis par des aéroports commerciaux. Les vols charter, l'aviation générale et les voies terrestres ou maritimes ne sont pas autorisés. La caution ne garantit pas la délivrance du visa. Elle peut être annulée et remboursée dans certains cas, par exemple si le visa expire sans voyage, ou si le titulaire repart à temps en respectant les conditions. Elle peut être considérée comme violée en cas de séjour au-delà de la durée autorisée, de demande de changement de statut ou de prolongation déposée hors délai, ou de demande d'asile.
La presse nigériane, via Legit.ng, a rapporté le 7 octobre que le département d'État avait mis sa liste à jour le 2 octobre 2026. Le journal reprend la liste et les dates d'effet de la page officielle, sans montant par pays.
Un programme devenu permanent, selon un article d'opinion
C'est un article d'opinion paru sur ModernGhana le 2 août, signé Mustapha Bature Sallama, qui contient les éléments les plus lourds, et il faut le lire comme tel. L'auteur écrit que le département d'État rend le programme permanent, avec une règle prenant effet le 3 août 2026. L'option à 5 000 dollars du programme pilote, lancé en août 2025, serait supprimée, et le plafond passerait de 15 000 à 20 000 dollars. Le montant par défaut serait de 15 000 dollars, ramené à 10 000 pour ceux qui ne peuvent pas payer plus, ou porté à 20 000 si les liens du demandeur avec les États-Unis inspirent des inquiétudes.
Les chiffres du bilan du pilote, attribués au département d'État, sont spectaculaires : environ 20 000 candidats couverts au lieu des 2 000 prévus, près de la moitié ayant renoncé à payer, et une baisse de 83 % des délivrances de visas B1/B2 aux ressortissants des pays listés. L'auteur avance aussi que près de 45 500 visiteurs des 50 pays ont dépassé la durée de leur visa en 2024, pour un coût estimé à environ 18 000 dollars par dépassement. Ces chiffres n'ont pu être vérifiés dans les textes lus. Les opposants à la mesure, cités par l'article, y voient un « economic filter » qui « priced out legitimate ones ».
Pour la diaspora et les familles
Pour une famille d'Abidjan qui veut rendre visite à un parent aux États-Unis, ou pour un homme d'affaires invité à un salon, la question est de savoir combien exiger, et comment trouver une telle somme avant le voyage. Les textes ne disent pas ce que décide un agent consulaire à Abidjan, ni quels critères fixent le montant de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars. Ils ne disent pas non plus si l'obligation touche d'autres catégories de visas que B1 et B2. Ceux qui préparent un voyage devront se renseigner directement auprès de l'ambassade, dont la page des visas est la seule source qui fasse foi.









