Environ 36 000 personnes ont fui les combats qui ont éclaté dans le sud de l'Éthiopie pour se réfugier au Kenya, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), cité par la revue de presse d'allAfrica du 28 octobre. Une semaine plus tôt, les premiers témoignages ne parlaient que de quelques centaines d'arrivées.
Des tirs entendus le lendemain
Les affrontements ont commencé le mercredi 21 octobre à Moyale, d'après l'agence Reuters. Le lendemain, des habitants disaient encore entendre des coups de feu dans certains quartiers du côté éthiopien. La ville, située dans le sud de la région Oromia, a la particularité de s'étendre de part et d'autre de la frontière : une partie se trouve en territoire kényan.
Reuters indiquait que la cause des combats n'était pas claire et que les responsables régionaux n'avaient pas pu être joints. Selon la revue d'allAfrica, qui reprend le HCR, les affrontements opposent des forces des régions Somali et Oromia, autour de la ville de Moyale. Ce dernier point n'est établi que par cette seule source.
« Aucun camp n'est prêt »
Côté kényan, les premiers arrivants étaient surtout des femmes et des enfants. « Nous avons des centaines de personnes venues d'Éthiopie, principalement des enfants et des femmes », a déclaré Stanley Kamande, commissaire du comté de Marsabit, cité par Reuters. Beaucoup sont hébergés chez des proches ou chez des habitants dans plusieurs villages.
La Croix-Rouge kényane évaluait alors le nombre de personnes touchées et leurs besoins. Son responsable Ibrae John a reconnu qu'aucune structure d'accueil n'était prête : « Aucun camp n'est prêt à accueillir les déplacés, mais nous allons certainement y travailler. » Avec un chiffre multiplié par plus de cent en quelques jours, la question de l'hébergement et de l'aide alimentaire devient l'enjeu immédiat pour un comté frontalier déjà peu doté.
Un conflit distinct du Tigré
Reuters précise que Moyale se trouve à des centaines de kilomètres de la région du Tigré, où les forces gouvernementales combattent une alliance rebelle menée par le Front de libération du peuple du Tigré. Les deux situations ne doivent donc pas être confondues.
Le Kenya fait par ailleurs face à une épidémie d'Ebola sur son sol, avec 98 contacts placés en quarantaine d'après le Rio Times, ce qui complique davantage la gestion d'un afflux de population.
Nous suivons ce dossier. Le bilan humain des combats et les raisons de l'embrasement n'ont pas encore été communiqués par les autorités éthiopiennes dans les sources consultées.









