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Mali : l'armée entre à Kidal après le retrait du FLA, sans combat au sol

Mardi 6 octobre, les Forces armées maliennes et leurs partenaires russes de l'Africa Corps ont repris Kidal, perdue en avril. Le Front de libération de l'Azawad parle d'un « repli stratégique » ; aucun bilan des frappes précédentes n'a pu être vérifié.

AKAya Kouadio9 octobre 2026⏱ 2 min de lectureLu 8 foisActualité
Mali, l'armée entre à Kidal après le retrait du FLA
📷 Illustration : Mali, l'armée entre à Kidal après le retrait du FLA © News afrika
L'armée malienne est entrée à Kidal mardi 6 octobre 2026, dans l'après-midi, sans combattre : le Front de libération de l'Azawad (FLA) venait de se retirer. Koaci et RFI, repris par Dakaractu, s'accordent sur ce point. La ville du nord du Mali avait été perdue en avril.

Un convoi, des frappes, puis un retrait

Selon RFI, l'armée avait renforcé ses positions à Anéfis et à Aguelhoc le week-end précédent. Une centaine de véhicules, environ 120 d'après la radio, ont quitté Anéfis en milieu de matinée mardi, avec des soldats maliens, des militaires russes de l'Africa Corps et des combattants du MSA et du Gatia, deux groupes touareg intégrés aux Forces armées maliennes. L'état-major malien, dans un communiqué publié à la mi-journée, dit avoir engagé des opérations « aéroterrestres d'envergure » dans la région avec ses partenaires russes. Il ne dit rien du convoi.
Depuis le dimanche 4 octobre, toujours selon RFI, les frappes aériennes s'étaient intensifiées. Des drones ont aussi visé Tinzaouatène, près de la frontière algérienne. Lundi soir, l'armée évoquait des « frappes de précision » et de « nombreux terroristes neutralisés ».

Deux récits qui ne se recoupent pas

Le FLA a annoncé dans l'après-midi un « repli stratégique et maîtrisé », qu'il présente comme une « mesure opérationnelle temporaire » destinée à « préserver des vies humaines ». Il attribue son départ aux frappes et accuse l'armée et l'Africa Corps d'avoir employé des moyens aériens de façon disproportionnée. Il dénonce des « frappes aveugles » qui auraient touché boutiques, maisons et une gare routière remplie de migrants et d'orpailleurs. Le mouvement ajoute qu'il ne renonce pas à son combat pour l'Azawad.
Ces accusations ne sont pas vérifiables de façon indépendante. RFI ne donne pas non plus de bilan. Il est donc impossible de dire combien de combattants ont été tués ni si des civils ont été touchés. Il faut le dire clairement : seuls deux communiqués opposés existent, et aucun témoin neutre n'est cité.

Une ville vidée et un symbole

Kidal est aujourd'hui presque vide, souligne RFI : en 2023, la plupart des habitants avaient déjà fui l'arrivée de l'armée et du groupe Wagner. La ville était tombée aux mains du FLA et du Jnim, le groupe lié à al-Qaïda, en avril ; le FLA y avait chassé les forces maliennes et leurs alliés russes le 25 avril.
La reprise est un symbole fort pour les autorités de transition, humiliées par la défaite d'avril, estime RFI. Pour Bamako, l'enjeu est de montrer que le nord n'est pas perdu. Pour l'Afrique de l'Ouest, la question reste ouverte de savoir si cette reprise sans combat au sol est un succès durable ou un simple déplacement du front : le FLA parle de mesure « temporaire ». Les prochains jours diront si l'armée tient la ville et si un bilan indépendant des frappes finit par émerger.
AKAya Kouadio — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Actualité
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