L'accord franco-britannique d'échange de migrants dit « un pour un », conclu à l'été 2025, est terminé. Le ministère britannique de l'Intérieur l'a confirmé mercredi 30 septembre, à la veille de son expiration, prévue jeudi 1er octobre après une prolongation, selon France 24. Un porte-parole a indiqué qu'il n'y avait « plus de nouveaux dossiers traités » dans le cadre de ce programme.
Ce que prévoyait l'accord
Le dispositif prévoyait le renvoi en France de personnes arrivées irrégulièrement au Royaume-Uni sur des embarcations de fortune, en échange de l'accueil légal par le Royaume-Uni d'un nombre équivalent de migrants se trouvant en France et jugés fondés à venir, explique France 24. Il s'agissait d'un projet pilote, précise la BBC.
Le bilan est modeste. Environ 1 500 personnes seulement ont été renvoyées en France depuis le début du programme, il y a un peu plus d'un an, selon la BBC. Le gouvernement britannique aurait souhaité que le dispositif se poursuive, d'après ce que comprend la chaîne, mais il jugeait qu'il n'atteignait pas l'ampleur voulue. Plus tôt en septembre, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood avait admis que le programme n'avait pas été sans difficultés et que les chiffres restaient relativement petits. Elle avait expliqué que le plus difficile sur le plan opérationnel était de faire passer de très grands nombres de renvois chaque semaine dans le système français. Le coût a aussi été évoqué : selon la BBC, la ministre a indiqué un prix de 56 000 livres par personne renvoyée en France.
Et maintenant ?
Le Home Office affirme que des vols se poursuivront dans les prochaines semaines pour renvoyer des migrants arrivés en small boats, et que les enseignements du pilote serviront à accélérer les retours de ceux qui n'ont pas le droit de rester. Le gouvernement dit aussi poursuivre son travail avec la France contre les traversées.
Côté français, le ministère de l'Intérieur a déclaré à la BBC discuter avec les Britanniques des « modalités de sortie de l'accord », formule que reprend France 24.
La même ministre avait relevé un effet inattendu du dispositif, rapporte la BBC : des agences de l'ONU avaient constaté que certains migrants renonçaient à monter sur des embarcations parce qu'ils pensaient avoir une chance d'être acceptés au titre du « un pour un ». La fin de l'accord fait disparaître cette incitation, dont on ignore encore l'effet réel.
Les chiffres de la Manche
La BBC fournit le contexte. Entre le 1er janvier et le 27 septembre 2026, 19 135 personnes ont traversé la Manche en small boat depuis la France, soit 42 % de moins que sur la même période de 2025, où 32 188 personnes avaient traversé. Les embarcations arrivées entre le 28 septembre 2025 et le 27 septembre 2026 transportaient en moyenne 67 personnes, soit plus du double de 2021, et les experts jugent que la surcharge rend les traversées plus risquées. Au moins 84 personnes sont mortes en tentant la traversée en 2024, d'après l'ONU.
Presque tous les arrivants demandent l'asile, ce qui leur permet de rester le temps de l'examen de leur dossier. Les arrivées en small boat ont représenté 40 % des demandes d'asile entre juillet 2025 et juin 2026. Les Érythréens ont compté pour 18 % des arrivées sur cette période. La BBC relève que ces traversées représentent environ 5 % de l'ensemble de l'immigration au Royaume-Uni de janvier à décembre 2025.
Ce que cela change pour nos lecteurs
Il faut rester précis : aucun des textes consultés ne détaille les nationalités ouest-africaines parmi les personnes concernées, et rien ne permet de dire que des Ivoiriens ont été renvoyés dans ce cadre. La portée pour notre lectorat est plus large. Le Royaume-Uni abandonne un dispositif qui offrait une voie légale, même étroite, en échange de renvois, et reste sur une ligne de fermeté avec les retours. Pour les familles de la diaspora en France ou au Royaume-Uni qui suivent ces dossiers, l'essentiel est là : moins de voies encadrées, et un contrôle plus serré de celles qui restent.







