L'appel réunissait des syndicats de salariés, des organisations lycéennes et étudiantes et des « gilets jaunes », autour de revendications sur le pouvoir d'achat, les prix et les conditions d'enseignement. Le mot d'ordre de l'intersyndicale, publié sur X, résumait l'esprit de la journée : « Tous mobilisés en soutien à la jeunesse, contre la vie chère et contre la dérive autoritaire du pouvoir. »
À Paris, la journée a commencé par un bras de fer sur le parcours. Un itinéraire entre Bastille et Nation avait été convenu jeudi entre la préfecture de police et l'intersyndicale. La préfecture a ensuite imposé un cortège entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes, par les boulevards des Maréchaux, de 13 h à 19 h, un parcours que l'un des responsables syndicaux a jugé « impossible à sécuriser ». Les syndicats ont saisi le tribunal administratif de Paris, qui a rejeté leur recours samedi matin. L'intersyndicale a alors accepté le tracé, par la voix du secrétaire confédéral de la CGT Thomas Vacheron, et donné rendez-vous à 14 h porte d'Italie. Le cortège s'est élancé à l'heure dite et le gros des manifestants a rejoint la porte de Vincennes, avec plusieurs stations de métro fermées et le tramway T3 interrompu.
Le ministère de l'Intérieur dénombre 410 000 manifestants en France, dont 110 000 à Paris. La CGT en revendique 800 000. Cet écart, de un à deux, rappelle celui de l'« acte I » du 17 octobre, où les autorités avaient compté 550 000 manifestants, contre 800 000 selon les syndicats. Cette fois, le gouvernement avait considérablement renforcé le dispositif, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés dans tout le pays, par crainte que l'histoire ne se répète.
Le matin, les rassemblements se sont déroulés dans le calme partout en France. Plus tard dans la journée, quelques heurts et affrontements ont éclaté à Paris, Lyon, Toulouse et Bordeaux. Selon Laurent Nuñez, près de 1 000 personnes ont été interpellées dans l'ensemble du pays en marge des manifestations des lycéens et contre la vie chère.
Les lycéens, dont le mouvement dure depuis la mi-septembre autour des moyens des établissements, des bâtiments et du manque d'enseignants, ont trouvé dans cette journée un relais syndical. Pour les organisations, la jeunesse mobilisée est devenue le symbole d'un mécontentement plus large, qui touche les prix, les services publics et, selon l'intersyndicale, la manière dont le pouvoir traite la contestation. Le gouvernement, lui, avait choisi de déployer un dispositif de sécurité massif.
Reste à savoir comment l'exécutif répondra à ces revendications sur le pouvoir d'achat et les services publics. Le conflit autour du parcours parisien illustre en tout cas la tension qui s'est installée entre syndicats et pouvoirs publics.









