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DiasporaDiaspora africaine en France

À Marseille, la diaspora africaine cherche à sortir de la dispersion pour peser sur le développement

Le 26 septembre, une rencontre organisée à Marseille par JERC-France a réuni associations, élus et diplomates autour d'une question simple : comment passer des initiatives isolées à une action commune ? Trois axes en sont sortis. Les conclusions restent des intentions, mais le diagnostic, lui, est franc.

JGJunior Gnapié8 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 19 foisDiaspora
Le Vieux-Port de Marseille de nuit
📷 Illustration : Le Vieux-Port de Marseille, de nuit. La ville a accueilli le 26 septembre une rencontre sur le rôle de la diaspora africaine dans le développement.
Rassembler des associations qui ne se parlent pas toujours, c'est déjà une petite victoire. Le 26 septembre, à Marseille, une rencontre consacrée au rôle de la diaspora africaine dans le développement a tenté de répondre à un problème que tout le monde connaît dans les communautés expatriées : beaucoup de bonne volonté, peu de coordination.

Une rencontre portée par le milieu associatif

L'événement était organisé par JERC-France, avec les associations Nouvelles Racines et Terre de Rebond, sous le patronage du Consulat général du Cameroun à Marseille. Thérèse Chartier et Ninard Tchoubi en assuraient la coordination. D'après le compte rendu publié par allAfrica le 1er octobre, la discussion était centrée sur la diaspora camerounaise, mais plusieurs intervenants ont parlé plus largement des Africains installés en France.
Dieudonné Mbeleg, président de JERC-France, a décrit cette diaspora comme « une force vive ». Bertin Bidima, consul général du Cameroun à Marseille, qui représentait aussi l'ambassadeur à Paris, a pointé « une dispersion associative considérable ». La formule dit bien le constat : des dizaines de structures, souvent petites, qui montent chacune leur projet de leur côté, parfois pour le même village ou le même hôpital.

Deux tables rondes, des invités de poids

Deux tables rondes ont structuré la journée. La première portait sur la cohésion, l'isolement et le vivre-ensemble au sein de la diaspora : intégration, santé, soutien psychologique, relations entre générations, culture et médias. La seconde traitait de l'engagement citoyen et du développement du Cameroun.
Plusieurs responsables avaient fait le déplacement. Sylvain Di Giovanni, vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, s'est engagé à examiner un soutien institutionnel aux jeunes porteurs de projets. Cheikh Al-Moustapha Kouyateh, ministre d'État du Liberia, a lancé que « la diaspora est une lumière qui doit éclairer l'Afrique ». Les compétences citées comme prioritaires couvrent la santé, l'urbanisme, l'énergie, le numérique, la diplomatie et l'entrepreneuriat.

Trois axes, aucun chiffre

À l'issue des travaux, les organisateurs ont retenu trois orientations : renforcer la cohésion entre membres de la diaspora, mieux organiser les compétences disponibles, et construire des passerelles entre professionnels, associations, institutions et entrepreneurs. JERC-France dit vouloir poursuivre ce travail dans la durée. Trois priorités de méthode ont aussi été fixées : rédiger des propositions réalistes et opérationnelles, resserrer les liens entre participants et tenir l'effort dans le temps.
Il faut être honnête sur ce que le compte rendu ne contient pas. Aucun chiffre sur le nombre de participants, aucun budget, aucun calendrier de suites, aucun engagement précis d'une institution, hormis l'intention affichée par l'élu départemental d'« examiner » un soutien. Dans le monde associatif, ce type de rencontre a souvent plus de valeur par les contacts noués que par les résolutions adoptées, et c'est probablement ici le cas.

Pourquoi cela intéresse aussi les Ivoiriens

Le sujet dépasse largement le Cameroun. La diaspora ivoirienne de France connaît la même fragmentation : associations régionales, collectifs de villages, amicales d'anciens élèves, groupes professionnels. À Abidjan, les autorités cherchent à capter son énergie, comme le montre le Grand Retour de la Diaspora qui se tiendra du 23 au 30 octobre. Le défi est identique des deux côtés : transformer des transferts d'argent et des compétences éparpillés en projets structurés, mesurables, qui durent.
L'épreuve de vérité viendra donc après les discours. Si JERC-France publie ses propositions, nomme des référents et rend compte de ses avancées dans six mois, la rencontre de Marseille aura servi à quelque chose. Si les trois axes restent des slogans, elle rejoindra la longue liste des forums sympathiques dont personne ne se souvient. Le prochain rendez-vous annoncé, ou son absence, dira lequel des deux scénarios l'emporte.
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