Onze personnalités camerounaises, pour la plupart vivant hors du pays, demandent que soit constatée une « vacance de pouvoir de fait » au Cameroun et qu'une transition constitutionnelle soit organisée. Leur tribune est parue dans Libération le 5 octobre 2026, selon la revue de presse d'allAfrica qui cite RFI.
Ce que réclament les signataires
Parmi eux, l'historien Achille Mbembe, l'avocat Akere Muna et les journalistes Mimi Mefo et Haman Mana.
Les auteurs affirment que le pays « n'est plus gouverné ». Ils rappellent que le président a 93 ans et dirige l'État depuis 44 ans. Ils estiment que le scrutin du 12 octobre 2025 n'a pas permis l'alternance.
Le texte réclame une transition inclusive et limitée dans le temps, encadrée par trois interdits : aucun proche du chef de l'État ne doit lui succéder, aucun ministre accusé de pillage ou de répression ne doit piloter la transition, et aucun artifice juridique ne doit contourner la Constitution.
Sept principes et un dialogue en deux langues
Sept principes complètent la demande. Un intérim encadré, l'intérimaire étant inéligible. Un calendrier strict. Un organe électoral indépendant. La libération des prisonniers politiques et le retour des exilés. La prise en compte de la dimension anglophone du pays. La neutralité des forces de sécurité. Enfin, une commission indépendante chargée de préparer une justice transitionnelle. Les signataires veulent aussi un dialogue national tenu dans les deux langues officielles.
Pour une diaspora qui suit de près la vie politique du pays, un point mérite l'attention : le retour des exilés figure dans la liste. Les textes lus ne disent pas combien de Camerounais sont concernés, ni qui ils sont.
Un camp présidentiel qui rejette la thèse
Le camp présidentiel rejette la thèse de la vacance. La tribune présente l'intérim par le président du Sénat comme la règle, alors que la révision constitutionnelle de 2026 a créé un poste de vice-président, toujours non pourvu, qui assure désormais l'intérim. La tribune ne mentionne pas cette révision.
Une tribune n'est pas une procédure. Rien dans les textes lus n'indique qu'une institution camerounaise ait été saisie de la question de la vacance, ni qu'un parti ou une instance étrangère ait repris la demande. Ce qui est établi tient en peu de choses : onze signataires, un journal parisien, une liste de conditions précises, et un pouvoir qui répond que la vacance n'existe pas. Que ces voix portent depuis l'étranger, plus fort peut-être qu'à Yaoundé, c'est ce que montre aussi la composition du groupe, majoritairement en diaspora. Les prochains jours diront si la tribune reste un texte de plus ou si elle déclenche une réponse officielle.







