Dafroza Gauthier est morte le samedi 3 octobre 2026 à Reims, à l'âge de 72 ans. Son mari, Alain Gauthier, l'a confirmé à l'AFP le lendemain, selon ici.fr. Née au Rwanda, survivante du génocide des Tutsi d'après la revue de presse d'allAfrica, elle avait cofondé avec lui le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, le CPCR, dont la mission était d'obtenir des procès en France contre des personnes soupçonnées d'avoir participé au génocide de 1994 et installées sur le territoire français.
Trente ans de dossiers
Le Monde parle de trente ans de traque de génocidaires rwandais réfugiés en France. Le couple avait commencé son travail en 1996 en recueillant des témoignages de survivants au Rwanda et en constituant des dossiers destinés à la justice française, avant de fonder le collectif en novembre 2001. Il intervenait aussi dans des écoles, des collèges et des universités pour raconter l'histoire du génocide.
Le résultat se compte en condamnations. Le Monde et allAfrica écrivent que sept personnes ont été condamnées définitivement par la justice française grâce aux plaintes du collectif. Les peines vont de 14 ans de prison à la perpétuité.
Pourquoi la diaspora africaine est concernée
Son combat n'a pas été mené depuis le Rwanda mais depuis Reims, devant les tribunaux français, contre des suspects qui, selon le collectif, avaient trouvé refuge en France. Une femme née au Rwanda et installée en France a ainsi servi de lien entre des victimes et une justice étrangère.
Pour les lecteurs d'Abidjan4All installés en France ou en Belgique, le parcours rappelle une réalité judiciaire : des tribunaux européens jugent des faits commis en Afrique, à condition que des plaignants prennent le temps de constituer les dossiers. Le CPCR l'a fait pendant près de trente ans, avec des moyens qui ne sont pas détaillés dans les textes lus.
Il reste à savoir ce que deviendra le collectif.







