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Diaspora sénégalaise : 3,2 milliards de dollars envoyés en 2025, soit 11 % du PIB du pays

Le rapport 2026 du FIDA chiffre à 124,2 milliards de dollars les envois de la diaspora vers l'Afrique en 2025. Le Sénégal en reçoit 3,2 milliards, et les femmes y sont très présentes parmi les bénéficiaires. En Afrique de l'Ouest, le coût de l'envoi reste plus bas qu'ailleurs sur le continent.

JGJunior Gnapié3 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 8 foisDiaspora
Diaspora sénégalaise, 3,2 milliards de dollars envoyés en 2025
📷 Illustration : Diaspora sénégalaise, 3,2 milliards de dollars envoyés en 2025 © Le Soleil
Les migrants africains ont envoyé 124,2 milliards de dollars vers leurs pays d'origine en 2025, soit 86 % de plus qu'il y a dix ans, selon le rapport Sending Money Home 2026 du Fonds international de développement agricole (FIDA), publié le 14 septembre. Dans cet ensemble, le Sénégal reçoit 3,2 milliards de dollars, environ 1 860 milliards de FCFA, d'après Seneweb.
Ce montant pèse 11 % du produit intérieur brut sénégalais, contre 10 % lors du classement précédent, rapporte SenePlus, et 27 % de ses exportations. De 2016 à 2025, les envois vers le pays ont progressé de 65 %. Le Sénégal est le deuxième bénéficiaire d'Afrique de l'Ouest derrière le Nigeria (22,8 milliards), devant le Ghana (2,4 milliards) et la Côte d'Ivoire (1,7 milliard), selon Seneweb.

Cinq pays raflent l'essentiel

Le continent concentre les flux de façon inégale. L'Égypte arrive en tête avec 41,5 milliards de dollars, suivie du Nigeria et du Maroc (environ 13,7 milliards). L'Éthiopie et le Kenya complètent le groupe de cinq qui capte près des trois quarts du total, précise AfricaPresse. Le montant global représente plus du double des investissements directs étrangers reçus par l'Afrique et 18 % de ses exportations, d'après le même média.
La dépendance se mesure mieux en proportion du PIB. La Gambie (22 %), le Liberia, les Comores et le Lesotho (21 %) sont les plus exposés. Le FIDA ne voit pourtant pas là une faiblesse. « C'est plutôt un facteur stabilisateur », explique à RFI son expert Frédéric Ponsot, qui rappelle que l'aide au développement a beaucoup diminué et que les investissements étrangers sont erratiques. Quand une crise frappe, dit-il, les migrants « font les sacrifices nécessaires ».

Un boucher de la Goutte-d'Or

À Paris, dans une boutique de transfert de la rue Doudeauville, RFI a rencontré Mohamed, boucher arrivé il y a dix ans. Il envoie chaque mois 50 euros au Sénégal. « Il y a des gens au bled qui sont malades. On envoie de l'argent pour des médicaments », raconte-t-il. Puis, plus simplement : « On travaille pour la famille. » Cette logique de soutien courant correspond à ce que décrit le rapport : les transferts financent d'abord la consommation des ménages, l'école et la santé, et ne sont pas des investissements par nature.

Moins cher à l'ouest, mais pas assez

Envoyer 200 dollars vers l'Afrique par un opérateur non bancaire coûtait en moyenne 7,2 % au troisième trimestre 2025, contre 9 % en 2016. L'objectif international est de 3 %. L'Afrique de l'Ouest fait mieux que le reste du continent : c'est la seule sous-région où le coût moyen reste inférieur à 5 %, selon SenePlus, qui l'attribue en partie aux corridors entre l'euro et le franc CFA, où le taux de change fixe limite les marges des opérateurs. À l'opposé, l'Afrique australe atteint 10,4 % et l'Afrique centrale 9,7 %, d'après Managers.
Plus de la moitié des envois démarrent désormais par voie numérique, mais seuls 35 % des services mesurés étaient entièrement numériques de l'envoi à la réception, note AfricaPresse. Pour le consultant Luc Kpenou, interrogé par RFI, le mobile money a changé la donne : il a apporté la proximité là où les agences bancaires manquaient, et la concurrence de nouveaux entrants a fait baisser les tarifs. Quand l'envoi coûte moins cher, observe-t-il, on envoie plus souvent. RFI relève au passage une hausse de 65 % au Sénégal sur dix ans et de 417 % en Côte d'Ivoire.

Des femmes, des champs

Le rapport s'attarde sur un détail qui parle : près de la moitié des femmes adultes du Sénégal ont reçu un transfert international au cours de l'année écoulée, selon SenePlus. Autre donnée citée par le média, 73 % des ménages sénégalais qui reçoivent de l'argent de l'étranger avaient adopté une stratégie de gestion des risques agricoles, contre 22 % des ménages qui n'en reçoivent pas. Un ménage sur dix a aussi adopté une pratique agricole rapportée par un migrant de retour.
Pour les lecteurs ivoiriens de la diaspora, la comparaison est directe : avec 1,7 milliard de dollars, la Côte d'Ivoire reçoit moins que le Sénégal mais connaît, selon RFI, une progression bien plus rapide. Reste la question que pose le FIDA lui-même : tant que l'envoi dépasse 3 % de frais, une partie de ce que les migrants gagnent se perd en chemin.
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