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Naufrage au large de Djibouti : au moins 139 morts parmi des migrants éthiopiens en route vers le Yémen

Un bateau transportant plus de 300 personnes a chaviré dans la nuit de jeudi à vendredi dans le golfe d'Aden. L'Organisation internationale pour les migrations compte au moins 139 morts, dont 15 enfants, et 84 disparus. Les survivants, plus de 80, sont tous éthiopiens.

JGJunior Gnapié12 octobre 2026⏱ 2 min de lectureLu 46 foisDiaspora
Au moins 139 morts parmi des migrants éthiopiens
📷 Illustration : Au moins 139 morts parmi des migrants éthiopiens © Sud Ouest
Le bilan s'est alourdi au fil des heures. Un bateau parti de Djibouti en direction du Yémen, avec plus de 300 personnes à bord, a chaviré près de Guhere, sur la côte est du pays, dans le golfe d'Aden, non loin du détroit de Bab-el-Mandeb. Le drame s'est joué entre jeudi soir et l'aube de vendredi. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), citée par Al Jazeera le 11 octobre, au moins 139 personnes sont mortes, dont 15 enfants, et 84 sont portées disparues.

Un décompte encore partiel

L'OIM précise qu'elle ne comptabilise pour l'instant que les corps enterrés par les autorités djiboutiennes. D'autres victimes ont été inhumées par des migrants eux-mêmes ; elles ne seront ajoutées qu'après vérification. Autrement dit, le chiffre actuel est un plancher. Plus de 80 personnes ont survécu, toutes de nationalité éthiopienne, et les recherches se poursuivaient au moment de la publication.
Le chef de mission de l'OIM à Djibouti, Alexandre Coissac, a parlé d'une « perte de vies dévastatrice » et rappelé que ce couloir reste extrêmement dangereux pour les migrants. Ses équipes travaillent avec les autorités locales pour apporter une aide d'urgence aux rescapés.

Une route très fréquentée malgré la guerre

La traversée entre Djibouti et le Yémen est l'une des plus empruntées par les migrants de la Corne de l'Afrique, qui cherchent du travail et de la sécurité dans les pays du Golfe. À son point le plus étroit, le détroit de Bab-el-Mandeb ne mesure que 20 kilomètres, ce qui explique l'attrait de l'itinéraire, mais pas sa sécurité : les embarcations sont surchargées et les conditions de mer difficiles.
Les chiffres donnés par l'OIM disent l'ampleur du phénomène. Depuis le 10 septembre, plus de 20 000 arrivées en provenance d'Éthiopie ont été enregistrées à Djibouti. L'an dernier, plus de 500 000 personnes ont tenté la route du Yémen, et au moins 900 sont mortes ou ont disparu. Ces départs continuent malgré l'instabilité régionale : la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, et la reprise des combats au Yémen entre forces gouvernementales et rebelles houthistes. Djibouti accueille par ailleurs, en sens inverse, des milliers de personnes qui fuient le Yémen.

Ce que l'on ne sait pas encore

Plusieurs points restent sans réponse au moment où rédigeons cet article. Qui exploitait le bateau, et dans quelles conditions a-t-il pris la mer ? Quelle est la cause exacte du chavirement ? Le gouvernement djiboutien a-t-il ouvert une enquête ? Aucune réaction officielle djiboutienne ou éthiopienne n'est rapportée, et le nombre précis de passagers reste approximatif, « plus de 300 ».
L'événement nous rappelle que les routes migratoires africaines ne mènent pas seulement vers l'Europe, et que la diaspora, qu'elle soit éthiopienne, ivoirienne ou sénégalaise, se construit souvent au prix de trajets que personne ne choisit de gaieté de cœur. À l'Ouest du continent, les départs par l'Atlantique et par le Sahara posent les mêmes questions : qui organise les traversées, qui les contrôle, et qui compte les morts.
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