Un travailleur étranger reconnu comme victime d'esclavage moderne peut désormais quitter l'employeur qui l'exploite sans perdre son droit de séjour au Royaume-Uni. Cette règle, introduite dans les règles d'immigration par le texte HC 584 déposé le 3 septembre 2026, s'applique depuis le 8 octobre, selon le site spécialisé Free Movement et le résumé publié par LexisNexis. Une chronique de LabourList évoque le 9 octobre ; nous retenons la première date, donnée par deux sources spécialisées.
Ce que dit la nouvelle règle
Le Home Office ajoute un paragraphe, SW 18.3, à la section consacrée au visa de travailleur qualifié (Skilled Worker). Les titulaires de ce visa qui ont été orientés vers le dispositif national d'identification des victimes (le National Referral Mechanism) et ont obtenu une décision positive définitive peuvent voir leurs conditions de travail assouplies. Ils pourraient alors exercer presque n'importe quel emploi, y compris indépendant ou bénévole, pour la durée restante de leur visa. Les sportifs professionnels et les entraîneurs sportifs sont exclus.
La décision doit avoir été rendue pendant la période de séjour en cours. Et le texte dit que les conditions « peuvent » être modifiées : c'est discrétionnaire, pas automatique, relève Free Movement.
Cette mesure concerne notamment les travailleurs de la santé et du soin, selon LabourList, qui rapporte aussi que plus de 6 600 employeurs sponsors ont perdu leur licence de recrutement à l'étranger depuis l'arrivée des travaillistes au pouvoir. Ce chiffre est avancé par une chronique favorable au gouvernement et n'a pas été recoupé.
Les limites relevées
L'auteur de l'analyse de Free Movement s'interroge sur plusieurs points. Il n'est pas clair, écrit-il, si tous les travailleurs éligibles seront couverts, ni s'ils devront déposer une demande séparée. Des consignes détaillées sont attendues en octobre. Les travailleurs dont le visa a été écourté sans faute de leur part, après le retrait de licence de leur employeur par exemple, pourraient ne pas être concernés ; l'auteur plaide pour que le pouvoir discrétionnaire soit utilisé en leur faveur.
La règle ne change pas les conditions pour obtenir un titre de séjour permanent, qui continuent d'exiger un sponsor agréé et des seuils de salaire. Free Movement souligne aussi que l'accès au dispositif d'identification reste difficile : seulement 645 titulaires de visas de type Skilled Worker y ont été orientés entre janvier 2022 et août 2025, selon des données obtenues par le Work Rights Centre. Les victimes de fraudes financières, par exemple celles qui ont payé des frais de recrutement pour des emplois inexistants, se voient souvent refuser cette aide.
Une portée à préciser
Les travailleurs africains occupent une part de ces emplois, notamment dans le soin, mais les textes lus ne donnent aucune statistique par nationalité, et nous n'en avançons pas. Ils ne disent pas non plus si la règle s'applique à l'identique dans toutes les nations du Royaume-Uni.









