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Royaume-Uni : Londres menace d'interdire les visas aux Érythréens si Asmara ne reprend pas ses ressortissants

La ministre de l'Intérieur britannique, Shabana Mahmood, a supprimé le traitement de faveur des visas pour les responsables érythréens et limité les déplacements des diplomates à 60 kilomètres de Londres. Elle menace de bloquer tous les visas des Érythréens si l'Érythrée ne reprend pas ses ressortissants sans droit au séjour.

JGJunior Gnapié22 octobre 2026⏱ 2 min de lectureLu 2 foisDiaspora
Londres menace d'interdire les visas aux Érythréens
📷 Illustration : Londres menace d'interdire les visas aux Érythréens © 2424.mg
Le gouvernement britannique durcit le ton envers l'Érythrée. Le 15 octobre 2026, la ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé que le Home Office mettait fin au traitement prioritaire des visas pour les VIP et les responsables du gouvernement érythréen. Les diplomates érythréens ne peuvent désormais plus s'éloigner de plus de 60 kilomètres de Londres sans l'autorisation du Foreign Office, une restriction que le communiqué présente comme le miroir de celles imposées aux responsables britanniques à Asmara.

Une menace de fermeture totale

Mme Mahmood va plus loin : elle prévient qu'elle bloquera tous les visas des Érythréens si leur pays n'accepte pas rapidement de reprendre ses ressortissants qui n'ont aucun droit de séjour au Royaume-Uni. « L'Érythrée a eu toutes les chances d'accepter le retour des criminels et de ceux qui n'ont aucun droit d'être au Royaume-Uni », a-t-elle déclaré. Elle somme Asmara de « reprendre ses ressortissants » sous peine d'une « interdiction complète » d'entrée pour ses citoyens. Il s'agit, à ce stade, d'une menace et non d'une interdiction en vigueur.
D'après le communiqué, l'Érythrée a brusquement retiré sa coopération sur les retours plus tôt en 2026 et a refusé de s'engager de manière constructive après des mois d'efforts discrets de Londres. Selon IBTimes, le Home Office accuse Asmara d'avoir cessé, en mars, de délivrer les documents de voyage d'urgence nécessaires aux expulsions.

Les Érythréens, première nationalité sur les bateaux

Les Érythréens ont été la nationalité la plus fréquente parmi les personnes arrivées par petits bateaux dans l'année achevée en juin 2026, précise le communiqué. IBTimes, citant la Bibliothèque de la Chambre des communes, chiffre leur part à 18 % des arrivées enregistrées, sur un total de 33 374 traversées. Les retours ont atteint 40 605 sur la même période, en hausse de 8 %, dont 5 928 retours de délinquants étrangers.
La portée de la mesure paraît limitée. IBTimes rappelle que les Érythréens se voyaient accorder l'asile en première instance dans 96 à 99 % des cas entre 2021 et 2023, et qu'une personne protégée ne peut pas être renvoyée. La chercheuse Madeleine Sumption, de l'Observatoire des migrations de l'Université d'Oxford, juge pour cette raison que l'effet serait restreint.

Un levier déjà utilisé avec d'autres pays africains

Le Home Office cite des précédents. L'Angola et la Namibie ont accepté rapidement de renforcer leurs accords de retour après une menace de sanctions sur les visas à l'automne dernier. La République démocratique du Congo, plus lente, a subi des mesures visant ses responsables et les visas, levées après six mois de coopération soutenue avec des vols de retour. Mme Mahmood assure avoir promis des sanctions de visas aux pays non coopératifs dès sa première semaine en poste.
Le communiqué annonce aussi un nouvel accord migratoire avec l'Égypte, censé réduire d'environ 90 % le délai de retour de ses ressortissants sans droit au séjour, de trente semaines à trois semaines.
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