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Boundiali : un groupe australien annonce 115 tonnes d'or et vise une première coulée en 2028

Reçu jeudi 8 octobre à la Primature, Aurum Resources a présenté une ressource estimée à 115 tonnes d'or dans la région de Boundiali. Le ministre des Mines y voit un gisement « de classe mondiale ». Reste à transformer l'annonce en mine : investissement de 503 millions de dollars, construction à partir de fin 2026, premier lingot espéré au premier semestre 2028.

APAnge Pascal10 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 4 foisÉconomie
Boundiali, un groupe australien annonce 115 tonnes d'or
📷 Illustration : Boundiali, un groupe australien annonce 115 tonnes d'or © Abidjan4all
C'est une annonce faite dans le décor feutré de la Primature, mais elle parle de chiffres qui pèsent lourd. Jeudi 8 octobre 2026, le groupe minier australien Aurum Resources Limited a indiqué au Premier ministre, Robert Beugré Mambé, avoir mis en évidence environ 115 tonnes d'or dans la région de Boundiali, dans le nord du pays. Le résultat vient de deux années de travaux d'exploration.
La délégation était conduite par le président et directeur général de la société, Caigen Wang. Il a expliqué que le programme de forage se poursuivrait pour tenter d'accroître la ressource. Selon l'Agence ivoirienne de presse, cette campagne d'exploration intensive doit durer trois ans.

Ce que dit l'annonce, et ce qu'elle ne dit pas

Parlons d'abord des chiffres. Les 115 tonnes sont une estimation de ressources, pas des réserves prêtes à être extraites : l'écart compte, car une ressource peut encore évoluer avec les forages. L'AIP précise aussi que ni la teneur du minerai ni le volume exprimé en onces ne sont communiqués dans le compte rendu de la rencontre.
Le projet décrit par la société prévoit une usine d'une capacité de 6,8 millions de tonnes de minerai par an, pour une production annuelle estimée à 6,2 tonnes d'or. L'investissement avoisinerait 503 millions de dollars. Côté emplois, il est question d'environ 4 200 postes directs et indirects pendant la construction, puis de plus de 2 200 pendant la phase d'exploitation.
Un point mérite d'être relevé : l'AIP évoque aussi un objectif pouvant aller jusqu'à 30 tonnes par an, à poursuivre après les forages des trois prochaines années. Le texte n'explique pas comment ce chiffre s'articule avec les 6,2 tonnes de la première usine. Il s'agit sans doute de deux horizons différents, mais l'annonce ne le précise pas.

Un calendrier serré

Le calendrier avancé est ambitieux. La construction de la mine doit démarrer à la fin de 2026, soit dans quelques semaines, et la première coulée d'or est attendue au premier semestre 2028. Le Premier ministre a d'ailleurs demandé aux promoteurs d'accélérer, et aux parties prenantes d'éviter tout retard.
Le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a qualifié la découverte « de classe mondiale ». Il a dit que Boundiali serait la quatrième de cette envergure en Côte d'Ivoire ces dernières années, et qu'elle pourrait devenir le plus grand gisement aurifère du pays. Le chef du gouvernement a, lui, déclaré que la Côte d'Ivoire compte désormais quatre mines de classe mondiale.

L'or, un secteur en pleine ascension

Ces annonces s'inscrivent dans une dynamique que le gouvernement met en avant depuis plusieurs années. D'après les chiffres cités par la RTI, la production d'or ivoirienne a plus que doublé en dix ans. Elle a atteint 59,33 tonnes en 2025, et 62 tonnes sont attendues en 2026. Les autorités visent 100 tonnes par an d'ici une dizaine d'années, grâce à de nouveaux projets miniers et à des investissements.
Pour atteindre ce cap, un seul gisement ne suffira pas. Mais un site de cette taille, s'il se confirme, peut peser lourd dans la trajectoire.

Les retombées locales, l'autre enjeu

Le ministre a insisté sur un point : l'exploitation minière doit porter un développement durable des territoires, avec des infrastructures et des projets au profit des communautés voisines. C'est souvent là que se joue l'acceptation d'une mine. Les emplois annoncés, la formation et l'accès aux services de base seront scrutés par les habitants de la zone.
La RTI le rappelle elle-même : les bénéfices économiques et sociaux dépendront des prochaines étapes du projet, de la mise en exploitation et de la manière dont elles seront conduites. Autrement dit, la découverte n'est que le début de l'histoire.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs questions restent ouvertes. Quelle sera la teneur moyenne du minerai ? Quelles seront les conclusions des études de faisabilité et les autorisations environnementales ? Comment sera bouclé le financement de 503 millions de dollars ? Et le démarrage de la construction à la fin de l'année tiendra-t-il ? Les réponses détermineront si Boundiali rejoindra vite la liste des grandes mines en production, ou s'il faudra patienter.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Économie
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