Le projet de loi de finances pour 2027 s'élève à 18 466,1 milliards de FCFA, contre 17 350,2 milliards pour 2026, soit une hausse de 6,4 %. Le Conseil des ministres l'a adopté mercredi 14 octobre 2026 au palais présidentiel d'Abidjan, sous la présidence d'Alassane Ouattara, selon le communiqué du gouvernement.
Le texte repose sur une croissance de 6,6 % du PIB ivoirien en 2027, contre 6,2 % en 2026, et de 3,4 % pour l'économie mondiale. Le déficit public est projeté à 3,5 % du PIB, alors qu'il est de 3,8 % cette année. Le budget compte 27 dotations et 160 programmes, dont 40 comptes spéciaux du Trésor.
Cent milliards pour un fonds souverain
Le communiqué met en avant deux lignes. La première : 100 milliards de FCFA pour lancer le Fonds souverain de Côte d'Ivoire. Le document ne dit rien, à ce stade, de son mode de gestion ni de ses missions. La seconde : 70 milliards de FCFA pour financer les études qui doivent préparer le Plan national de développement 2026-2030.
2025 : un excédent de trésorerie de 369,1 milliards
Le Conseil a aussi adopté le projet de loi de règlement du budget 2025. Le budget initial, de 15 339,2 milliards de FCFA, avait été relevé de 125 milliards en cours d'année. Les recettes ont atteint 15 654,2 milliards (101,2 % des prévisions) et les dépenses 15 285,1 milliards (98,8 %). La différence laisse un excédent de trésorerie de 369,1 milliards.
Le taux moyen de réalisation des objectifs des programmes ressort à 92,3 %, contre 90,2 % en 2024. La Cour des comptes a délivré une déclaration générale de conformité.
Les autres décisions du Conseil
Un projet de loi crée un pôle pénal économique et financier, juridiction de première instance spécialisée, complétée d'une cour d'appel pénale économique et financière.
Le gouvernement a également ratifié un accord de prêt de l'Association internationale de développement (IDA, Banque mondiale) de 189,6 millions d'euros, soit 124 369 447 200 FCFA, signé le 8 juillet 2026. Il finance la première phase du projet de compétences SIRA : formation professionnelle, plateforme numérique ONEF sur le marché du travail, centres d'équipement avec le FDFP et stages pour jeunes sans emploi ou déscolarisés.
Le Conseil a encore adopté un décret sur l'importation, le stockage, le transport et la distribution des produits pétroliers et des biocarburants, soumis à autorisation préalable. Six permis de recherche, valables quatre ans, ont été accordés : cinq pour l'or (Gbéléban et Minignan, Minignan, Bondoukou et Tanda, M'Bahiakro et Bouaké, Gagnoa et Soubré) et un pour le cuivre et le nickel (Ouaninou et Touba). Un décret fixe aussi les périodes de repos biologique de la pêche en mer, en lagune et sur les lacs, pendant lesquelles toute pêche est interdite. Un autre règle les conditions financières de libération de la bande 3300-3600 MHz pour la 5G.
Fièvre jaune dans le Nord
Côté santé, le ministre a signalé 23 cas de fièvre jaune dans le nord du pays, notamment dans la région du Bounkani, dont 11 décès. Les personnes non vaccinées sont invitées à se faire vacciner ; le gouvernement affirme disposer de doses en quantité suffisante. Le ministre a aussi rappelé qu'en octobre rose le dépistage est gratuit et que le tarif de la mammographie a baissé de 2 000 FCFA. Un centre national de radiothérapie et d'oncologie doit ouvrir à Grand-Bassam avant la fin de 2026.
Le prochain Conseil des ministres est fixé au mercredi 21 octobre à Abidjan.









