Le Burkina Faso a de nouveau fermé la porte à l'exportation de ses farines de mil, de maïs et de sorgho. Un communiqué du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, daté du 9 octobre 2026 et relayé par Burkina24, suspend la mesure « jusqu'à nouvel ordre », sur tout le territoire, et la étend aux produits dérivés.
Une mesure qui vise aussi les autorisations
Le texte ne se contente pas d'interdire. Il arrête la délivrance des autorisations spéciales d'exportation (ASE), le sésame que les opérateurs devaient obtenir au préalable pour vendre ces farines à l'étranger. Sans ASE, plus de sortie légale.
Le ministère justifie la décision par un objectif unique : « assurer la disponibilité de ces produits sur le marché intérieur », selon Burkina24, et améliorer l'accès des consommateurs à ces denrées de base. Il en appelle au « patriotisme économique » des opérateurs, demande aux services des douanes et aux forces de sécurité de l'aider à faire respecter l'interdiction, et prévient que les contrevenants s'exposent aux sanctions prévues par la réglementation. Le public peut signaler les infractions aux numéros verts 80 00 11 84, 85 ou 86.
Onze semaines après la réouverture
Ce qui rend la décision frappante, c'est le calendrier. L'agence APA rapportait le 22 juillet 2026 un communiqué daté de la veille : le Burkina levait alors l'interdiction en vigueur depuis le 23 février 2022 et autorisait de nouveau les exportations de ces trois farines. Le ministre Serge Gnaniodem Poda expliquait vouloir « favoriser l'écoulement des stocks des entreprises nationales », c'est-à-dire des stocks accumulés par les unités de transformation. L'ASE restait obligatoire, et toute infraction passible des sanctions prévues.
L'interdiction initiale remonte donc à février 2022. Sidwaya l'avait annoncée en deux phrases, sans motif ni durée : suspension des exportations de farine de mil, de maïs et de sorgho, et fin de la délivrance des autorisations spéciales pour les céréales.
Mis bout à bout, ces trois textes dessinent un va-et-vient. Quatre ans et demi de fermeture, un peu plus de deux mois et demi d'ouverture conditionnelle, puis retour à la case départ. En juillet, le problème était l'excès de stocks chez les transformateurs. En octobre, la priorité affichée est l'approvisionnement du marché national. Les deux justifications se contredisent sans qu'aucun des textes lus ne dise ce qui s'est passé entre-temps : une mauvaise récolte, une flambée des prix, une ruée des acheteurs étrangers, nous l'ignorons.
Ce que qui est à retenir
Pour nos lecteurs de la sous-région, le point à retenir est simple : une farine de céréales burkinabè achetée pour être revendue hors du pays ne passera plus la frontière tant que Ouagadougou n'aura pas rouvert le dossier. Reste à savoir si « jusqu'à nouvel ordre » durera quelques semaines, comme la fenêtre de cet été, ou davantage. Aucun texte ne fixe d'échéance.









