La Guinée devrait afficher la plus forte croissance économique d'Afrique de l'Ouest en 2026, avec 7,2 %, selon la mise à jour d'octobre des Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI). Le Bénin et le Niger suivent à 7 %, devant la Côte d'Ivoire, quatrième avec 6 %. À l'échelle de l'Afrique subsaharienne, la croissance est attendue à 4,5 %.
Intitulé « Croissance résiliente, perspectives assombries », le rapport du FMI, publié le 15 octobre 2026, dresse le portrait d'une région qui a mieux résisté que prévu à un choc venu de loin : la guerre au Moyen-Orient et ses effets sur l'énergie. Le Fonds relève de 0,2 point sa prévision pour 2026, à 4,5 %, un rythme identique à celui de 2025 et qu'il prévoit de maintenir en 2027. Cette moyenne reste supérieure à celle de l'économie mondiale, attendue autour de 3,1 %. Selon le FMI, l'adaptation de l'offre mondiale, la bonne tenue des recettes d'exportation dans certains pays et les réformes engagées ont atténué le choc.
Dans le classement des pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour lesquels des chiffres sont disponibles, la Guinée prend la première place. Sa croissance passerait de 6,9 % en 2025 à 7,2 % en 2026, puis à 7,8 % en 2027. Le pays est porté, selon les analyses publiées, par son secteur minier, dont le projet de Simandou. Le Bénin et le Niger se partagent la deuxième place, avec 7 % chacun.
La Côte d'Ivoire occupe la quatrième position, avec une croissance de 6 % attendue en 2026, après 6,5 % en 2025, et 6,1 % en 2027. Le pays reste donc nettement au-dessus de la moyenne subsaharienne, mais cède un peu de terrain par rapport à l'année précédente. Une projection plus ancienne du FMI, relayée en septembre par 7info, lui prêtait 6,2 % pour 2026, soit un écart de deux dixièmes de point.
Au-delà de l'Afrique de l'Ouest, d'autres économies se détachent : l'Éthiopie est créditée de 9,2 % en 2026, tandis que la Guinée équatoriale resterait en récession, avec une contraction de 1 %. Ces écarts illustrent la mise en garde du FMI : cette croissance soutenue masque des trajectoires contrastées. L'activité reste robuste dans les pays riches en ressources naturelles, mais elle ralentit dans ceux qui en sont dépourvus.
Le Fonds insiste aussi sur la fragilité du tableau. Il juge les risques nettement orientés à la baisse. La charge de la dette, la faiblesse des réserves et le recul de l'aide laissent peu de marge face à un nouveau choc. L'aide bilatérale destinée à l'Afrique subsaharienne, qui avait déjà reculé d'environ un quart en 2025, devrait encore baisser de 12 % en 2026, selon les projections de l'OCDE citées dans le rapport. Dans un scénario défavorable, la croissance médiane de la région serait inférieure de 0,5 point à la référence en 2027, avec une inflation médiane supérieure de 2,6 points.
Les recommandations du FMI vont dans un sens connu : poursuivre l'ajustement budgétaire, épargner les recettes tirées des produits de base, protéger les ménages les plus vulnérables et maîtriser l'inflation. Il note tout de même des progrès notables : l'ajustement budgétaire engagé avant la guerre et la baisse des ratios d'endettement. Pour la Côte d'Ivoire comme pour ses voisins, le FMI rappelle ainsi que la marge de manœuvre financière reste étroite.









