Moody's n'a pas abaissé la note de la France. Vendredi 23 octobre 2026 au soir, l'agence a maintenu Aa3 avec une perspective négative, alors que la plupart des analystes s'attendaient à un passage à A1, rapportent Atlas Info et Euronews.
Selon Euronews, Moody's explique que sa note suppose l'adoption d'un budget 2027 qui réduise le déficit, et que les coûts de financement comme les tensions sociales s'apaisent dans les mois à venir. Une perspective négative signale un risque de dégradation ultérieure.
Le gouvernement se réjouit
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a jugé que la décision « déjoue les pronostics déclinistes », selon Atlas Info. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, y voit la reconnaissance de la solidité de l'économie et de la crédibilité du budget ; il a qualifié d'« intangible » la cible d'un déficit à 5 %. Le budget 2027, présenté le 1er octobre, demande un effort de 54 milliards d'euros et vise à ramener le déficit de 5,4 % du PIB attendu fin 2026 à 5 % en 2027. Le budget 2026 n'avait été adopté qu'en février, grâce à un compromis soutenu par les socialistes.
Fitch et S&P notent déjà la France A+ avec une perspective stable. Le prochain rendez-vous de S&P est fixé au 27 novembre, celui de Fitch à février 2027, d'après Atlas Info.
Des économistes plus réservés
Euronews recueille des avis moins enthousiastes. Théophile Legrand, de Natixis, jugeait une baisse de note probable et y voit une surprise de court terme : la perspective négative maintient le risque, et Moody's semble donner du temps à la France. Jérémie Peloso, de BCA Research, parle d'une bombe à retardement qu'il attribue au blocage politique et à la dégradation des comptes publics. Pour Jérôme Mathis, de Paris-Dauphine, l'écart de taux avec l'Allemagne traduit une perte de confiance propre à la France.
Les chiffres cités par Euronews montrent la tension : le taux des obligations d'État à dix ans a dépassé 5,1 % mercredi, un niveau inédit depuis 2002 ; il était de 3,2 % avant le début de la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Celui de l'Allemagne tourne autour de 3,4 %. Le ministre David Amiel affirme que le déficit de la Sécurité sociale s'est aggravé de plus de 5 milliards d'euros depuis le début de l'examen du texte.
Le contexte social pèse aussi. Euronews relie les émeutes du 17 octobre à l'inquiétude des investisseurs : Carrefour a perdu plus de 13 % en Bourse après avoir estimé le coût des pillages de ce jour-là entre 80 et 200 millions d'euros. Une nouvelle journée de manifestations était prévue samedi.
Reste le budget, que l'Assemblée examine encore. Pour les Africains et la diaspora installés en France, l'enjeu est indirect mais réel : une aggravation de la dette alimente les arbitrages sur les dépenses publiques, notamment dans les services publics et l'éducation. Cette remarque est une analyse de la rédaction, sans source consultée sur ce point.









