L'annonce a été faite par le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Asiama, lors de la 132ᵉ réunion du Comité de politique monétaire. « Si vous voulez acheter quelque chose en Chine, allez à Stanbic Bank avec vos cédis », a-t-il résumé aux commerçants. Stanbic est la première banque du pays à avoir obtenu, avec l'accord de la Banque du Ghana, un accès direct au CIPS, le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers, un service qu'elle avait annoncé en août. Selon le gouverneur, Ghana Commercial Bank (GCB) prépare à son tour une offre comparable.
Concrètement, un importateur titulaire d'un compte chez Stanbic choisit le yuan comme monnaie de paiement, fournit les justificatifs requis, et son fournisseur chinois reçoit des yuans. Les ordres déposés avant 14 heures avec un dossier complet sont traités pour un règlement le lendemain. Jusqu'ici, la chaîne habituelle obligeait à convertir des cédis en dollars, puis les dollars en yuans. La nouvelle route la ramène à une seule conversion, ce qui doit réduire la demande de dollars, un enjeu majeur pour la monnaie ghanéenne.
Plusieurs nuances s'imposent toutefois. D'abord, le dispositif est un pilote et ne concerne que les opérations « éligibles », soumises à des exigences de documentation et de conformité. Ensuite, il ne remplace pas le système SWIFT : Stanbic précise que le CIPS est une option supplémentaire, et que les paiements en dollars, en euros ou en livres continuent de passer par les circuits habituels. La Banque du Ghana rappelle de son côté que les paiements en dollars restent disponibles. Enfin, le message viral selon lequel « on ne passe plus par le dollar » vaut pour ces paiements-là, pas pour l'ensemble du commerce extérieur du pays.
Les avantages annoncés, des paiements « moins chers et plus rapides », viennent des banques elles-mêmes. Stanbic met en avant la réduction du nombre d'intermédiaires et des délais, mais nous n'avons trouvé aucune comparaison publique des coûts avec la méthode traditionnelle. L'idée que le Ghana serait le seul pays à ouvrir cette voie est, elle aussi, à nuancer : le groupe Standard Bank, maison mère de Stanbic, est le premier groupe bancaire africain agréé comme participant direct au CIPS, et le Ghana n'est que l'un des six marchés africains où il déploie ce service, selon les informations rapportées par la presse ghanéenne.
La question posée dans le message viral, celle de savoir si le Cameroun pourrait faire de même, dépasse ce que les sources consultées permettent d'établir : elles ne disent rien de projets comparables dans ce pays ou en zone franc CFA. Pour l'heure, le cas ghanéen montre surtout qu'une banque centrale peut encourager des solutions pratiques pour alléger la pression sur sa monnaie, dans un cadre précis, sous contrôle, et sans rompre avec le dollar. Reste à voir si GCB suivra rapidement, et si le volume des paiements en yuan atteindra un niveau capable de peser sur la demande de devises.









