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Paiement instantané : Wave et Moov Money rejoignent la plateforme de la BCEAO, la Côte d'Ivoire passe à 38 acteurs connectés

À la date limite du 30 septembre, Wave a rejoint PI-SPI, la plateforme de paiement instantané de la BCEAO. En Côte d'Ivoire, les quatre grands portefeuilles mobiles sont désormais connectés, et la liste des acteurs autorisés est passée de 23 à 38 en deux mois. Le vrai test viendra des usages.

JGJunior Gnapié2 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 11 foisÉconomie
Wave et Moov Money rejoignent la plateforme de la BCEAO
📷 Illustration : Wave et Moov Money rejoignent la plateforme de la BCEAO © Abidjan4all
Sikafinance ouvre son analyse sur une scène de maquis d'Abidjan : quatre autocollants alignés près de la caisse, un par portefeuille mobile accepté. Le paiement instantané, écrit le site, promet de les réduire à un seul geste. Le 30 septembre, date limite fixée par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Wave Côte d'Ivoire a franchi le seuil de ce dispositif.
Le dispositif s'appelle PI-SPI. Son principe tient en une phrase : transférer de l'argent en quelques secondes d'un compte à un autre, quelle que soit l'institution qui le détient, banque ou opérateur de téléphonie, et, d'après Sikafinance, sans frais. Cette capacité de faire dialoguer des réseaux concurrents s'appelle l'interopérabilité. Elle évite à un client d'ouvrir autant de comptes que ses proches ou ses fournisseurs en possèdent.

Quinze noms de plus en deux mois

Wave ne figurait pas sur la liste du 31 juillet 2026. Il est sur celle du 30 septembre. Pour la Côte d'Ivoire, le nombre de participants autorisés à ouvrir ces services au public passe de 23 à 38, sans aucun départ, toujours selon Sikafinance. Sept banques s'ajoutent, dont la BICICI, la BHCI et Standard Chartered Bank. Deux opérateurs de mobile money, Wave et Moov Money, rejoignent Orange Money et MTN Money, de sorte que les quatre grands portefeuilles du pays sont réunis. Six fintechs complètent le mouvement, parmi lesquelles Djamo, Julaya et Sycapay.
Les acteurs non bancaires passent de 5 à 13, soit 2,6 fois plus, quand les banques progressent de 39 %, de 18 à 25.
À l'échelle de l'UEMOA, la liste passe de 104 à 175 participants, soit 68 % de plus, d'après Sikafinance. Ecofin Agency confirme le total de 175 et la répartition par pays : le Sénégal arrive en tête avec 43 acteurs, la Côte d'Ivoire suit avec 38, puis le Burkina Faso avec 20. Avec un peu plus d'un cinquième de l'ensemble, la Côte d'Ivoire pèse lourd mais ne mène pas, ce qui est assez rare pour être noté. Sikafinance observe que Wave est aussi apparu à Dakar entre les deux dates.

Une échéance fixée en juin

L'échéance n'est pas tombée du ciel. Dans une décision publiée le 25 juin 2026, rappelle Ecofin Agency, la BCEAO avait fixé au 30 septembre la date limite pour que les banques, les établissements de monnaie électronique et les établissements de paiement de l'UEMOA terminent leur connexion à PI-SPI et ouvrent leurs services au public. Jeune Afrique, dont nous n'avons pu lire que le début, dit la même chose.
L'absence de Wave avait été remarquée dès le lancement de la plateforme à Dakar, le 30 septembre 2025. L'opérateur ne faisait pas partie des 45 institutions qui avaient ouvert les services au public ce jour-là, selon Ecofin Agency, qui parle d'un groupe composé de banques, d'établissements de monnaie électronique et d'institutions de microfinance. Un an plus tard, Wave a donc rallié le dispositif, à l'échéance.
Pour ses clients, Ecofin Agency précise que l'intégration leur permettra de transacter avec les comptes et portefeuilles d'autres institutions participantes, dans la limite des services que Wave activera. Jusqu'ici, son service était bâti autour d'un écosystème où l'on transférait, payait et retirait de l'argent à l'intérieur de son propre réseau.

Qui y perd ?

Jeune Afrique juge que ce « bouleversement » menace les revenus des opérateurs et redistribue les cartes. Le magazine ne détaille pas, dans la partie lisible de son texte, de quels revenus il parle, et il serait imprudent d'extrapoler.
Les chiffres disent surtout une chose, que personne ne contestera : l'offre est là. Tout le reste dépendra de ce que feront les commerçants et leurs clients. Sikafinance le dit sans détour : si le commerçant du maquis finit par ne garder qu'un seul autocollant, ce sera le signe que l'interopérabilité aura quitté les communiqués pour entrer dans les poches. Aucun texte lu ne donne encore le moindre chiffre d'usage.
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