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Aboisso : caché dans la brousse, il assommait les motocyclistes à coups de gourdin… rattrapé trois mois plus tard par la BRI

Le 24 août, sur la piste menant au village de Bakro, un motocycliste a été assommé d'un coup de gourdin par un agresseur embusqué qui voulait lui voler sa moto. Plus de deux mois plus tard, la Brigade de recherche et d'intervention d'Aboisso a interpellé un suspect de 22 ans à Djoulabougou. Il aurait reconnu les faits. Une affaire qui rappelle la menace qui pèse sur les conducteurs de motos dans l'intérieur du pays.

ACAnge Colombe7 novembre 2026⏱ 3 min de lectureFaits Divers
Aboisso le bandit se cachait dans la foret
📷 Illustration : Aboisso : caché dans la brousse, il assommait les motocyclistes à coups de gourdin… © Abidjan4all
Il pensait sans doute avoir échappé aux enquêteurs. Plus de deux mois après les faits, il a été rattrapé. Selon les informations communiquées par les services de police, un jeune homme de 22 ans, identifié par ses initiales O.K., a été interpellé à Djoulabougou par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) d'Aboisso, dans le cadre d'une enquête sur une violente agression commise fin août.

Une embuscade en plein jour

Les faits remontent au 24 août 2026, vers 17 heures. Un motocycliste circule sur la piste non bitumée qui mène au village de Bakro, dans le département d'Aboisso. Un individu, dissimulé dans la broussaille, surgit et lui assène un violent coup de gourdin pour lui voler sa moto. La victime perd connaissance.
Le scénario aurait pu tourner au drame. Ce sont les cris des riverains, témoins de la scène, qui ont fait fuir l'agresseur. Il a abandonné sa tentative de vol et disparu dans la nature, laissant derrière lui un homme inconscient.
Saisie de l'affaire, la BRI d'Aboisso a ouvert une enquête. Pendant plusieurs semaines, les enquêteurs ont recoupé les renseignements, exploité les indices et quadrillé le terrain. Leurs efforts ont fini par payer : le suspect a été localisé puis interpellé à Djoulabougou. Conduit dans les locaux de la BRI, il aurait reconnu les faits lors de son audition. Il doit désormais être présenté à la justice et reste présumé innocent jusqu'à son jugement.
Ce n'est pas la première fois que la BRI d'Aboisso se distingue. En septembre 2025, elle avait démantelé un réseau dont le chef se faisait passer pour un médecin, en blouse et avec du matériel de soins, pour dépouiller ses victimes de téléphones et de motos. Le village de Bakro avait lui aussi connu une tentative de braquage déjouée en mars 2025.

La moto, une cible de choix

Cette affaire illustre une réalité bien connue dans l'intérieur du pays. Dans les zones rurales, la moto est devenue le principal moyen de transport, de travail et de revenu. Taxis-motos, livreurs, planteurs qui rejoignent leurs champs, commerçants : pour beaucoup, perdre sa moto, c'est perdre son gagne-pain. Et les engins volés se revendent facilement, parfois de l'autre côté des frontières, le département d'Aboisso étant voisin du Ghana.
Les pistes non bitumées, isolées et bordées de végétation, offrent aux agresseurs des lieux d'embuscade idéaux. Les victimes sont souvent seules, loin de tout secours.
La réussite de la BRI mérite d'être saluée : une enquête menée dans la durée, sur un fait qui aurait pu rester impuni, montre qu'aucune agression n'est oubliée. Mais elle souligne aussi le rôle décisif des riverains, dont les cris ont sans doute sauvé la vie de la victime. La sécurité des campagnes repose encore beaucoup sur cette vigilance collective.

Pour les conducteurs de motos, quelques précautions restent de mise : éviter de circuler seul sur les pistes isolées en fin de journée, signaler tout comportement suspect, et alerter immédiatement les forces de l'ordre en cas d'agression, au 110, 111 ou 170 pour la police, ou à la gendarmerie la plus proche.

ACAnge Colombe — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Faits Divers
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