Le récit qui circule repose sur le témoignage d'une serveuse, amie de la victime, rapporté par des proches. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, Sylvana, après sa journée de travail, rejoint son amie au maquis où celle-ci travaille, alors animé par un anniversaire. Les clients partent peu à peu. Vers deux heures du matin, le gérant, désigné dans la presse sous le nom d'A. Olivier, vient faire le bilan de la soirée. Il constate un manque correspondant au prix d'une bière, une « Beaufort » que Sylvana avait commandée sans la régler.
La serveuse transmet la demande à Sylvana, qui dit disposer d'un billet de 10 000 francs CFA et propose de payer par Mobile Money, une solution que le gérant aurait refusée. La discussion tourne alors à l'altercation physique : toujours selon ce témoignage, le gérant aurait porté des coups à la jeune femme, qui serait tombée au sol en tentant de se défendre. Des personnes présentes seraient intervenues, puis le gérant aurait quitté les lieux. Sylvana, en difficulté pour respirer, serait ensuite tombée dans un caniveau voisin, dont des témoins l'ont sortie avant de la conduire dans un établissement de santé. Son état s'est aggravé et elle est morte au petit matin.
Ces éléments doivent être pris pour ce qu'ils sont : la version d'un seul témoin, relayée par la famille, que les enquêteurs n'ont pas confirmée publiquement. Le gérant n'a pas, à notre connaissance, fait connaître sa propre version, et nous n'avons trouvé aucune information sur une plainte, une interpellation ou une audition. Il bénéficie de la présomption d'innocence, et la cause du décès, coups, chute, ou conjonction de plusieurs facteurs, n'est pas déterminée.
C'est tout l'enjeu de l'autopsie. La dépouille avait été transférée à Abidjan en vue d'un examen médico-légal prévu le mardi 6 octobre. Selon les dernières informations données par des proches, cet examen n'aurait pas eu lieu à la date annoncée. Sa famille réclame que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort. L'inhumation était programmée le samedi 10 octobre à Yamoussoukro ; nous n'avons pas pu confirmer qu'elle s'est déroulée comme prévu.
Les proches décrivent une jeune femme au parcours difficile. Orpheline de père et de mère, Sylvana avait dû interrompre ses études faute de soutien familial et s'était tournée vers la coiffure. Elle avait ouvert un premier salon au marché de la Riviera Palmeraie à Abidjan, puis s'était installée à Yamoussoukro à la suite d'une rencontre avec un compagnon. La relation s'étant dégradée, notamment à cause de l'opposition de la famille de celui-ci, elle avait choisi de rester dans la capitale politique pour poursuivre son activité et y avait ouvert un grand salon de coiffure.
Reste à savoir si le parquet de Yamoussoukro s'est saisi du dossier. Faute de communiqué, c'est la question que posent aujourd'hui sa famille et ceux qui ont relayé son histoire : qu'a révélé, ou que révélera, l'autopsie, et quelles suites la justice entend-elle donner à une mort survenue après une dispute sur le prix d'une bière ? abidjan4all.info actualisera cet article dès que des éléments officiels seront disponibles.









