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« A Letter to My Younger Self » : dix-sept Africaines à succès écrivent à la jeune fille qu'elles ont été

Lancé le 10 octobre à Dakar, l'ouvrage collectif imaginé par Aïda Diouf et préfacé par Angélique Kidjo réunit dix-sept dirigeantes, artistes et militantes de douze nationalités. Dix mille exemplaires gratuits sont prévus dans plus de dix pays africains.

JGJunior Gnapié13 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 25 foisFemmes
A Letter to My Younger Self
📷 Illustration : A Letter to My Younger Self © Seneweb
Que dirait une femme de cinquante ans, patronne d'une multinationale ou championne de tennis, à la jeune fille qu'elle était à quinze ans ? C'est la question posée à dix-sept Africaines dans « A Letter to My Younger Self », un livre lancé le samedi 10 octobre à Dakar. L'ouvrage mêle confidences, doutes et conseils, et vise un public précis : les adolescentes et jeunes femmes du continent.

Une idée d'Aïda Diouf, une préface d'Angélique Kidjo

L'initiative revient à Aïda Diouf, dirigeante du groupe Camusat, nommée Young Global Leader 2026 par le Forum économique mondial et fondatrice de l'initiative ALTMYS. La préface est signée de la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, qui salue « le courage de chacune des contributrices ». Pour Aïda Diouf, « ce livre est une étape, pas une fin en soi ».
Le projet avait été présenté dès juin par le média Leading Ladies Africa, qui annonçait alors une sortie en septembre et une version numérique accessible gratuitement. Le lancement officiel a finalement eu lieu à Dakar le 10 octobre.

Dix-sept voix, douze nationalités

Le casting est large. Parmi les contributrices citées par Fraternité Matin et Leading Ladies Africa : Jocelyne Muhutu-Remy, directrice générale de Spotify pour l'Afrique subsaharienne ; Aminata Kane, vice-présidente senior de Visa pour l'Afrique de l'Ouest et centrale ; Claude Borna, directrice générale de Sèmè City, au Bénin ; la Tunisienne Ons Jabeur, ancienne numéro deux mondiale du tennis ; la Marocaine Miriem Bensalah Chaqroun, à la tête des Eaux minérales d'Oulmès ; la chorégraphe sénégalaise Germaine Acogny ; la militante congolaise Julienne Lusenge ; l'écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal.
La Côte d'Ivoire est représentée par Sefora Kodjo, engagée dans la promotion du leadership féminin. Leading Ladies Africa la rattache à la fondation SEPHIS.
Les parcours viennent de plus de quinze secteurs : finance, technologie, mode, gastronomie, danse, journalisme, droits humains, sport, arts visuels. Ce choix répond à une logique assumée. Montrer qu'une carrière n'est jamais une ligne droite, et que les virages, les échecs et les hésitations font partie du chemin.

Onze thèmes, dont la santé mentale

Le livre aborde onze grands thèmes, parmi lesquels la santé mentale et l'estime de soi. Les textes prennent la forme de lettres personnelles, ce qui évite le ton de manuel de réussite. L'objectif affiché est un mentorat entre générations : offrir des repères à des jeunes filles qui ne croisent pas toujours, autour d'elles, des femmes occupant ces postes.

Une distribution pensée comme une action de terrain

Le plan de diffusion est ambitieux : 10 000 exemplaires gratuits dans plus de dix pays africains, en commençant par le Sénégal, le Maroc et la Côte d'Ivoire. La première remise s'est faite devant cinquante élèves du lycée John F. Kennedy de Dakar. L'une d'elles, Aïssatou Diallo, a confié à Africa24 : « Très heureuse de cette initiative, parce que ça nous apprend, nous les jeunes filles, qu'on a le droit de rêver. »
Fraternité Matin cite La Croisée des Chemins comme partenaire du projet, sans la présenter explicitement comme éditeur. Les modalités de la distribution en Côte d'Ivoire (établissements, dates, relais) n'ont pas été communiquées.

Une question reste ouverte

Les livres de ce genre fonctionnent quand ils sortent du cercle déjà convaincu. En visant les lycées, l'initiative prend la bonne direction. Le défi sera d'atteindre aussi les jeunes filles des zones rurales et des quartiers populaires, où l'accès aux livres reste inégal. Si la version numérique gratuite est bien disponible, elle peut y contribuer, à condition d'être connue. Les prochaines étapes de la distribution, notamment à Abidjan, diront si cette lettre arrive vraiment à ses destinataires.
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