Les rues de Tirana n'ont pas désempli. Selon Al Jazeera, qui consacre une analyse à ce mouvement le 20 octobre 2026, des milliers de jeunes manifestent depuis plusieurs jours contre le gouvernement albanais, dans des affrontements répétés avec les forces de l'ordre. La police a fait usage de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de balles en caoutchouc. Au moins 167 personnes ont été arrêtées, dont des mineurs.
D'une cause écologique à une révolte étudiante
Le mouvement est né en mai d'une protestation écologiste contre un complexe hôtelier de luxe. Al Jazeera cite l'opposition à un projet dans la zone protégée de Zvernec et à un projet de station touristique sur l'île de Sazan, porté par une société liée à Jared Kushner. Les étudiants ont rejoint le cortège la semaine dernière, en évoquant la hausse des frais de scolarité et la dégradation des infrastructures.
Une mobilisation sans chef
Les manifestants réclament la démission immédiate du Premier ministre Edi Rama et la formation d'un gouvernement technique. Ils ont refusé les offres de dialogue. Ils rejettent aussi bien le Parti socialiste au pouvoir que l'opposition, le Parti démocratique de Sali Berisha : des députés d'opposition venus s'adresser aux foules ont été accueillis avec hostilité.
La coordination passe par WhatsApp, Telegram et Snapchat. Fatos Hakorja, rédacteur en chef de TV Klan et de Klan News, dit qu'il n'existe « aucune preuve claire » d'une structure unique derrière les manifestations. L'analyste Ben Andoni y voit une « révolte horizontale » authentique, mobilisée par des groupes TikTok et les réseaux sociaux plutôt que par des organisations établies.
La réponse d'Edi Rama
Le Premier ministre qualifie de théories du complot et de désinformation les accusations d'agitation orchestrée, qu'il attribue à des « mains étrangères ». Il a annoncé une prime de 2 500 euros pour les policiers en première ligne et des hausses de salaire en 2027. Al Jazeera signale la présence, au siège du Parti socialiste, de civils non identifiés armés de bâtons.
Ben Andoni estime que les jeunes pourraient se retirer temporairement de la rue par épuisement, ce qui laisserait à Edi Rama la tâche de démontrer sa légitimité et sa volonté de réforme. Ce scénario reste une analyse, non un fait.









