Trois capitales, trois secousses politiques, et un seul fil : des dirigeants qui jouent leur crédibilité sur des sujets très concrets, le pouvoir d'achat, le logement, la technologie.
Brésil : la droite en position de force
Le sondage donnait un duel serré, l'urne a tranché plus nettement. D'après France 24, Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans, est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle dimanche 4 octobre et aborde le second tour, prévu le 25 octobre, en favori face au président sortant Lula. La veille encore, les enquêtes d'opinion le disaient au coude à coude avec lui.
Le scrutin dépasse la seule présidentielle. Le Parti libéral de la famille Bolsonaro est devenu le premier parti de la Chambre et a remporté 19 des 54 sièges du Sénat mis en jeu, ce qui lui en donne 28 sur 81. Michelle Bolsonaro, épouse de l'ex-président, et son fils Carlos ont été élus sénateurs. À Sao Paulo, Tarcisio de Freitas est réélu gouverneur dès le premier tour avec plus de 60 % des voix, devant Fernando Haddad. À Rio, Douglas Ruas devance Eduardo Paes, allié de Lula, alors que ce dernier était donné favori.
Enjeu à peine voilé : une loi d'amnistie en faveur de Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d'État et assigné à résidence. France 24 note que son camp disposerait d'une majorité plus solide pour la faire adopter. Lula, de son côté, doit reconstruire une dynamique en trois semaines, dans un pays où les résultats de dimanche ont été qualifiés d'« inattendus » par Le Monde.
Espagne : Sánchez appelle les électeurs à la rescousse
Lundi 5 octobre, Pedro Sánchez a annoncé en direct depuis le palais de la Moncloa la dissolution des Cortes et des législatives le 29 novembre, soit environ sept mois avant l'échéance de 2027. Déclencheur : le rejet vendredi au Parlement de ses mesures sur le logement, qui prévoyaient notamment de suspendre jusqu'en 2030 les expulsions de personnes vulnérables et de s'attaquer aux fonds dits « vautours ».
Le Premier ministre socialiste demande « une majorité bien plus large, progressiste » pour poursuivre ses réformes. Il part pourtant affaibli, après huit ans au pouvoir, par des affaires de corruption touchant des proches, dont son épouse et son frère selon France 24. Les derniers sondages placent le Parti populaire devant les socialistes. La crise du logement a pris un visage : celui de Maricarmen Abascal, 87 ans, expulsée à Madrid d'un appartement où elle vivait depuis sept décennies, après un rachat qui annonçait un loyer majoré de 275 %. Samedi, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans tout le pays.
États-Unis : l'IA rebaptisée, et un nouveau patron
À Washington, Donald Trump a présenté dimanche une « Super Intelligence Force » chargée de superviser la politique américaine sur l'intelligence artificielle, rapporte la BBC. Elle sera dirigée par Jay Clayton, directeur du renseignement national depuis août, et réunira notamment le président de la FTC, Andrew Ferguson. Elle rendra compte directement au président et à sa cheffe de cabinet, Susie Wiles.
Le 29 septembre, un décret avait déjà demandé aux administrations de dire « Super Intelligence » plutôt qu'« intelligence artificielle ». Des experts jugent le terme trompeur, puisqu'il désigne d'ordinaire des systèmes bien plus avancés. Elon Musk, lui, s'est exécuté en rebaptisant SpaceXAI en SpaceXSI. La BBC rappelle aussi que le pacte volontaire signé par les géants du secteur n'impose aucun contrôle extérieur, alors qu'un ancien responsable sécurité d'OpenAI vient de dénoncer dans The Atlantic une culture « brisée ».
Chine et Taïwan : une arrestation à Los Angeles
Dimanche, le FBI a arrêté à l'aéroport de Los Angeles Wanying Zhang, 34 ans, résidente d'Irvine, avant son départ pour la Chine. Elle est accusée d'avoir agi comme agent étranger non déclaré : selon le département de la Justice, elle aurait photographié et filmé en 2025, à Seattle, un fils du président taïwanais Lai Ching-te et sa famille, à la demande de responsables chinois. Le palais présidentiel de Taipei parle de « répression transnationale ». Le ministère chinois des Affaires étrangères n'avait pas répondu aux sollicitations au moment des faits rapportés. Zhang comparaît lundi devant un tribunal fédéral ; elle reste présumée innocente.
Ce qu'il faut surveiller
Au Brésil, le face-à-face Lula-Bolsonaro du 25 octobre, et la capacité du président sortant à rassembler au centre. En Espagne, le verdict des urnes le 29 novembre, avec un logement devenu thème national. À Washington, la composition réelle et les pouvoirs de la nouvelle force. Et, dans l'affaire Zhang, la réaction de Pékin et le contenu de l'audience.







