Le sénateur Flavio Bolsonaro est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle brésilienne, dimanche 4 octobre, devant le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva. Les deux hommes s'affronteront au second tour le 25 octobre.
Deux points d'écart
Avec 99,99 % des urnes dépouillées, Flavio Bolsonaro, 45 ans, recueille 56,1 millions de voix, soit 47,03 % des suffrages exprimés, contre 53,9 millions pour Lula, 80 ans, soit 45,16 %, selon les données de la justice électorale citées par Péyi Guyane. L'écart est d'environ 2,23 millions de voix. L'AFP, reprise par franceinfo et RTS, donne des pourcentages très proches, de 47 % et 45 %, lors d'un dépouillement alors un peu moins avancé.
Aucun des deux n'atteint la majorité absolue. Flavio Bolsonaro, fils de l'ex-président Jair Bolsonaro, représente le Parti libéral. Lula est le candidat du Parti des travailleurs. Les sondages donnaient jusqu'à la veille un léger avantage au président sortant. Comme en 2018, souligne franceinfo, ils ont sous-estimé la force de la droite.
Ce que disent les deux camps
Lula a reconnu un résultat « inattendu ». « Je dois vous avouer que j'étais convaincu que j'allais gagner l'élection au premier tour. Mais le second tour sera l'heure de vérité », a-t-il dit, d'après Péyi Guyane. Il a aussi lancé : « Le match va commencer. Nous sommes dans les prolongations, et c'est là que nous allons convaincre le peuple brésilien », selon franceinfo et RTS.
Flavio Bolsonaro, qui se présente comme une version « plus modérée » de son père, s'est dit « très satisfait » et a parlé d'« un vote de confiance pour le changement », jugeant que « le Brésil n'en peut plus ». Selon Péyi Guyane, il a déclaré : « C'est la fin de l'ère du PT. »
Une carte très partagée
Le pays se coupe en deux. Flavio Bolsonaro est en tête dans 16 États, Lula dans 11, d'après Péyi Guyane. Le candidat du PL domine dans plusieurs États du Sud, du Centre-Ouest et du Nord. Lula conserve le Nordeste, avec de larges écarts à Bahia, au Ceará, au Maranhão, au Pernambouc, au Piauí et à la Paraíba, et une position importante à São Paulo.
En Amazonie, Lula garde le Pará, l'Amazonas et l'Amapá, mais avec des écarts bien plus réduits qu'en 2022. Dans l'Amapá, l'écart entre les deux est de 225 voix seulement, sur quelque 212 000 recueillies par chacun.
Les voix à aller chercher
Derrière les deux finalistes, les scores sont faibles : Augusto Cury 2,89 %, Renan Santos 2,25 %, Ronaldo Caiado 2,19 %, soit plus de 7 % à eux trois. Péyi Guyane prévient qu'on ne peut pas considérer ces électeurs comme un bloc homogène. Il y a aussi quelque 33,3 millions d'abstentionnistes, environ 21 % de l'électorat, dans un pays où le vote est obligatoire.
Pour RTS, Flavio Bolsonaro part avec un avantage, car il pourrait bénéficier des voix de petits candidats pour la plupart de droite. Le Sénat a également connu un « raz-de-marée conservateur », avec l'élection de Michelle Bolsonaro, ex-première dame, et de Carlos Bolsonaro, frère de Flavio.
Washington regarde
RTS ajoute que, si Flavio Bolsonaro l'emporte, le Brésil rejoindrait la vague conservatrice encouragée par Donald Trump, qui a engrangé des victoires en Argentine, en Colombie ou au Pérou.
Sur le plan africain, les textes consultés ne disent rien. La rédaction devra documenter ce que pèse le Brésil pour l'Afrique de l'Ouest avant de présenter cette élection à nos lecteurs comme autre chose qu'un événement lointain. Pour l'instant, le fait est simple : trois semaines de campagne vont s'ouvrir, avec un écart de deux points.







