Le déficit de la Sécurité sociale atteint 21,8 milliards d'euros en 2026, et le gouvernement français veut le diviser par deux. Pour y parvenir, le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, dont l'examen a commencé lundi 12 octobre en commission à l'Assemblée nationale, prévoit de geler les pensions de retraite les plus élevées, de rogner des prestations familiales et d'imposer un délai de carence d'un an à certains étrangers.
Où l'on va chercher l'argent
Selon Moneyvox et Sud Radio, dont les chiffres concordent, la mesure la plus lourde est la non-revalorisation en 2027 des pensions supérieures à 1 265 euros par mois : 4,1 milliards d'euros d'économies. Le gel des allocations familiales et de l'allocation de rentrée scolaire rapporterait 1,1 milliard. Le texte prévoit aussi de réduire les allègements de cotisations patronales, ce qui ferait entrer 3,7 milliards de recettes supplémentaires, de reporter 700 millions d'euros de remboursements (cures thermales, frais hospitaliers) vers les complémentaires santé et de créer une taxe sur les produits sucrés, estimée à 300 millions.
Pour les lecteurs africains installés en France, un point retient l'attention : un délai de carence d'un an pour le versement de certaines prestations sociales aux étrangers. Les deux médias le mentionnent, Sud Radio précisant que le Rassemblement national l'a salué. La liste des prestations concernées n'apparaît dans aucun des deux textes lus, et il faudra attendre la lecture du projet de loi pour savoir qui serait touché.
Une majorité introuvable
Plus de 1 600 amendements ont été déposés. Les débats en commission doivent durer jusqu'à vendredi minuit, puis le texte passera dans l'hémicycle à partir du mardi 20 octobre, avec un vote prévu le 27. Faute d'adoption d'ici la fin novembre, le gouvernement pourra envisager de passer par ordonnance.
Les oppositions n'ont pas ménagé le texte. À gauche, Hadrien Clouet (LFI) a jugé qu'« on ne vit pas bien avec 1 265 euros ». La socialiste Sandrine Runel reproche au gouvernement d'avoir fait l'impasse sur les recettes et défend une contribution sociale généralisée progressive. Pour Joëlle Mélin (RN), le texte « va faire encore payer les Français ». À droite, Justine Gruet (LR) réclame de « vraies économies sur la dépense publique » et LR comme Horizons promettent 20 milliards d'économies supplémentaires.
Le PS ne suivra pas cette année
Toute la gauche, y compris le Parti socialiste, annonce qu'elle censurera le texte tel quel, indique Sud Radio. Le PS avait pourtant voté majoritairement le budget de la Sécurité sociale l'an dernier, en échange de la suspension de la réforme des retraites. Seul le groupe EPR soutient clairement la désindexation des retraites. Annie Vidal (EPR) assure que l'effort touchera d'autres acteurs que les retraités : salariés, organismes complémentaires, industriels du médicament et bénéficiaires des indemnités de rupture les plus élevées. Le rapporteur LR, Thibault Bazin, reconnaît que plusieurs mesures seront « très difficiles à faire adopter » sous leur forme initiale.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait présenté le projet aux députés de la commission la semaine précédente.









