Le jeudi 8 octobre 2026, à Ouagadougou, Washington et le Burkina Faso ont tenu la première séance d'un groupe de travail conjoint, après des mois de frictions marquées par des restrictions de visas dans les deux sens. Le récit vient du côté burkinabè.
Une séance inaugurale, un cadre permanent
La rencontre était coprésidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et par Richard Michaels, sous-secrétaire d'État adjoint chargé de l'Afrique de l'Ouest au Département d'État. Selon Alwihda Info, il dirigeait une importante délégation et effectuait sa première visite au Burkina Faso. L'ambassadrice américaine, Joann Lockard, l'accompagnait. Avant la séance, la délégation avait été reçue en audience par Karamoko Jean Marie Traoré. Une concertation en format élargi a suivi, avec la participation du ministre d'État chargé de la Défense, Célestin Simpore, d'après Burkina24, qui cite la direction de la communication du ministère. Alwihda Info mentionne un ministre de la Défense sans le nommer.
Le groupe est présenté comme un cadre permanent de concertation où des experts des deux pays doivent repérer des axes de coopération profitables aux deux parties. Aucun des textes ne précise les dossiers à l'ordre du jour, le calendrier des travaux ni les projets envisagés.
Les mots employés
Richard Michaels veut bâtir le partenariat sur « le respect mutuel, le respect de la souveraineté de chaque partie et les intérêts communs », selon le communiqué burkinabè cité par Burkina24. Il a salué l'ouverture et la disponibilité des autorités. Karamoko Jean Marie Traoré a estimé que « ce cadre de dialogue permettra de reconfigurer les rapports », et il a inclus dans cette perspective la Confédération des États du Sahel, qui réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Ce qui a précédé
En décembre 2025, Ouagadougou a appliqué des mesures de réciprocité aux ressortissants américains, en réponse aux restrictions de visas visant les Burkinabè. Le 20 janvier 2026, le chef de la diplomatie a reçu l'ambassadrice et abordé la lutte contre le terrorisme. Un émissaire américain, Nick Checker, a été reçu à Ouagadougou un 12 mars 2026 et a qualifié l'échange de « très constructif ». Toujours selon le ministère burkinabè cité par ce média, Washington envisageait alors de lever la suspension de ses exportations d'équipements militaires vers le Burkina Faso, que Ouagadougou réclame depuis longtemps. Le ministre aurait résumé : « Les États-Unis veulent protéger leurs frontières, le Burkina Faso aussi. »
Le dossier reste à suivre. Pour le moment, la seule certitude est qu'une réunion a eu lieu à Ouagadougou le 8 octobre, avec des responsables nommés des deux côtés, et que la partie burkinabè la présente comme une étape majeure.









