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Chine et Corée du Nord : le nouveau pont sur le Yalou ouvre jeudi, onze ans après l'achèvement du côté chinois

Selon l'agence Xinhua, le Nouveau pont du Yalou entre Dandong et Sinuiju sera officiellement ouvert jeudi. L'ouvrage, terminé côté chinois en 2014, attendait la Corée du Nord. Son ouverture suit celle d'un pont avec la Russie et s'inscrit dans le rapprochement entre Pékin et Pyongyang.

JGJunior Gnapié14 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 25 foisPolitique
Chine et Corée du Nord, le nouveau pont sur le Yalou ouvre jeudi
📷 Illustration : Chine et Corée du Nord, le nouveau pont sur le Yalou ouvre jeudi © Le courrier du Vietnam
L'agence d'État chinoise Xinhua l'annonce : la Chine et la Corée du Nord ouvriront officiellement jeudi 15 octobre le Nouveau pont du Yalou à la circulation. L'ouvrage relie la nouvelle zone de Dandong, côté chinois, à Sinuiju, côté nord-coréen. Ce chantier traîne depuis si longtemps que son ouverture, en soi, est une nouvelle.

Un pont resté en suspens

La Chine avait achevé sa partie en 2014, avec l'idée de dynamiser les échanges. Pyongyang, lui, n'a pas terminé la sienne pendant des années. Le dépêche relie ce retard au refroidissement des relations après le soutien de Pékin aux sanctions de l'ONU contre les essais nucléaires nord-coréens, en particulier la résolution de 2017. Elle ne donne ni la longueur du pont, ni son coût, ni la raison précise de la reprise des travaux côté nord-coréen.

Un rapprochement visible depuis 2018

Depuis 2018, Pékin s'emploie à réparer ses liens avec Pyongyang. Les chiffres de 2025 donnent la mesure : les exportations chinoises vers la Corée du Nord ont atteint 2,3 milliards de dollars, un plus haut en six ans, en hausse de 25 % sur un an. Xi Jinping s'est rendu à Pyongyang en juin 2026, première visite depuis 2019. Le traité d'amitié et d'assistance mutuelle de 1961 reste la seule alliance militaire formelle de la Chine, avec une clause de défense mutuelle.
Un détail rappelle toutefois les limites de cette reprise : la Corée du Nord n'a pas encore rouvert ses visas de tourisme aux Chinois, qui formaient autrefois l'essentiel de ses visiteurs étrangers.

Moscou joue aussi sa carte

Le pont chinois n'arrive pas seul. Un autre ouvrage, reliant la Russie et la Corée du Nord, a été ouvert en septembre. Pyongyang a signé en 2024 un traité de partenariat stratégique global avec Moscou, doté lui aussi d'une clause de défense mutuelle, et a envoyé des milliers de soldats combattre en Ukraine. Les analystes cités estiment que cette proximité a pu réduire la dépendance nord-coréenne envers la Chine.
La différence de nature des échanges, elle, est notable. Avec la Russie, le commerce porte surtout sur des fournitures militaires. Avec la Chine, il peut inclure des biens destinés à l'économie civile. Deux ponts, donc, mais pas la même circulation.

Washington à l'arrière-plan

Troisième acteur, les États-Unis. Donald Trump a laissé entendre le mois dernier qu'il souhaitait améliorer les relations avec Pyongyang et a évoqué une nouvelle rencontre avec Kim Jong Un. Aucune date n'est fixée. L'ouverture du pont dit donc aussi quelque chose de la manière dont Pékin entend garder la main sur son voisin avant d'éventuelles discussions avec Washington.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs questions restent sans réponse. Quels produits passeront réellement par le pont, alors que les sanctions de l'ONU limitent une partie du commerce ? Qui assure les contrôles et les péages ? Le tourisme chinois reprendra-t-il ? Et l'ouverture sera-t-elle suivie d'une rencontre au sommet ?

Pour l'heure, une seule certitude, relayée par l'agence officielle chinoise : jeudi, un pont resté onze ans à moitié vide devrait enfin accueillir ses premiers véhicules. Le reste, c'est à Pékin et à Pyongyang de l'écrire.

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