À Abidjan, le sujet occupe les conversations dans les milieux politiques et administratifs. Neuf mois après la formation du gouvernement Mambé II, le président Alassane Ouattara envisagerait de refondre son équipe, d’après les informations publiées le 20 octobre par Africa Intelligence. La présidence ne s’est pas exprimée, et il convient donc de présenter cette perspective comme un scénario à l’étude, non comme une décision.
Un mécontentement qui se verrait jusque dans l’organisation du pouvoir
Toujours selon le média, le chef de l’État ne cacherait plus, en privé, son insatisfaction sur la conduite de plusieurs dossiers. Un signe de cet agacement serait visible dans sa méthode de travail : il se montrerait moins présent aux conseils des ministres, et privilégierait des conseils présidentiels réunissant le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, le Premier ministre Robert Beugré Mambé et le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara. Ces réunions se tiendraient parfois sans le ministre concerné par le dossier examiné.
Ces trois responsables auraient en outre reçu pour mission de proposer au président des cadres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. Africa Intelligence relève qu’une partie des ministres actuels avaient été recommandés par l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, à la tête du gouvernement de 2017 à 2020, et que nombre d’entre eux se sont depuis rapprochés du vice-président ou de Téné Birahima Ouattara.
Pas d’ouverture à l’opposition
Le même article précise qu’à ce stade, le président écarte toute ouverture aux partis d’opposition. Ni le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de l’ancien président Laurent Gbagbo, actuellement en séjour en Belgique, ni le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam, absent du pays depuis mars 2025, ne seraient concernés par les consultations en cours. Le remaniement envisagé se ferait donc, selon cette source, au sein de la famille présidentielle.
Un précédent en janvier
Ce n’est pas la première fois qu’un renouvellement de l’équipe est évoqué. En janvier, trois mois après la réélection du président pour un quatrième mandat, une refonte profonde avait déjà été envisagée. Elle s’est finalement limitée à un remaniement partiel, annoncé le 23 janvier : le gouvernement, composé de 34 ministres, avait vu la création d’un poste de vice-Premier ministre confié à Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l’État, tandis que Robert Beugré Mambé était reconduit à la primature.
Quatre ministres avaient alors quitté l’équipe : Kobenan Kouassi Adjoumani (Agriculture), Bouaké Fofana (Salubrité), Laurent Tchagba (Eaux et Forêts) et Léon Kacou Houadja Adom (Affaires étrangères). La principale arrivée avait été celle de Yacouba Hien Sié, ancien directeur général du Port autonome d’Abidjan, nommé aux Infrastructures économiques et à l’Entretien routier. Selon Africa Intelligence, une partie des compétences liées aux grands travaux avait ensuite été retirée au ministère des Transports d’Amadou Koné pour lui être transférée, dans un contexte où le chantier du métro d’Abidjan connaîtrait des tensions avec le groupe français Bouygues. Le président avait par ailleurs réorganisé en août la direction de son parti, le RHDP.
Ce qu’il faut retenir
Ces éléments, issus d’une seule publication spécialisée, restent à confirmer. En Côte d’Ivoire, c’est au président de la République qu’il revient de nommer et de révoquer les ministres, sans calendrier imposé, et les annonces de remaniement surviennent souvent à l’improviste, par décret lu à la télévision nationale. Dans l’attente d’une éventuelle communication officielle, la rédaction suivra de près l’évolution du dossier.









