Dano Djédjé n'a pas passé la nuit en cellule. Convoqué lundi 12 octobre par les services antiterroristes à Abidjan, le vice-président du PPA-CI est rentré chez lui à l'issue de son audition. Il n'y a eu ni garde à vue ni mandat de dépôt, mais, selon des sources proches de son parti citées par Koaci, il est placé sous contrôle judiciaire.
Une audition de plusieurs heures
L'ancien ministre s'est présenté accompagné de son avocate, Me Roselyne Aka-Serikpa. Les deux médias consultés ne situent pas l'audition au même endroit : Koaci parle de la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan, à Cocody-Angré, Afrique-Sur7 de la cellule antiterroriste de la police judiciaire. Ils s'accordent sur le reste : plusieurs heures d'interrogatoire, puis retour à domicile le jour même.
Pour Afrique-Sur7, qui cite des « sources concordantes », le dossier n'est pas clos. Un responsable du parti de Laurent Gbagbo, rapporté par Koaci, a résumé la situation en disant que le vice-président est placé sous contrôle judiciaire mais rentré libre chez lui.
Pour l'heure, rien de factuel ne permet d'avoir une idée précise de ce qui est reproché à Dano Djédjé, ni les obligations que le contrôle judiciaire lui impose. Afrique-Sur7 avance, sous forme d'hypothèse, un lien avec la crise électorale de 2025 et avec les manifestations organisées par le PPA-CI et le PDCI-RDA. Rien, dans les textes lus, ne confirme cette piste.
Rappelons tout de même que plusieurs cadres du PPA-CI ont été incarcérés pour « troubles à l'ordre public » et « actes terroristes », en occurrence Lasme Ny Blaise, Koné Katinan et Damana Médard. Le parquet a également fait état d'un mandat d'arrêt international visant la porte-parole du PPA-CI, Habiba Touré, et des discussions sur une éventuelle extradition depuis Paris auraient eu lieu, avait écrit Jeune Afrique.
Deux lectures de la même mobilisation
Le PPA-CI soutient que ses militants ont exercé le droit de manifester garanti par la Constitution. Le parquet, lui, a déclaré que toute personne soupçonnée dans ces affaires serait poursuivie et jugée. Tant que la justice n'aura pas précisé les charges retenues contre Dano Djédjé, on ne peut ni affirmer qu'il est visé pour les mêmes faits que les autres cadres, ni écarter ce lien.









