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Diesel : le G7 libère 100 millions de barils, Trump renonce à son embargo, pendant que Kiev et la péninsule coréenne s'enflamment

Le G7 a décidé de puiser dans ses réserves pour calmer le marché du diesel, et Donald Trump affirme que l'interdiction d'exporter n'a « jamais vraiment été sur la table ». Le même samedi, un deuxième grand pont de Kiev est touché par une frappe russe et la Corée du Nord tire un missile balistique.

JGJunior Gnapié3 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 5 foisPolitique
Réservoirs de stockage de produits pétroliers dans une raffinerie
📷 Illustration : Des réservoirs de stockage dans une raffinerie.
Il y a quelques jours encore, Washington menaçait d'interdire les exportations américaines de diesel. Le 2 octobre, la menace s'est dégonflée. À l'issue d'une réunion des dirigeants du G7, les pays membres ont annoncé la libération coordonnée de 100 millions de barils de pétrole et de diesel, répartis sur quatre mois, sous la coordination de l'Agence internationale de l'énergie.

Un accord pour éviter l'embargo

Le texte prévoit une « libération substantielle » de diesel dans les vingt premiers jours, avec la possibilité de nouvelles ventes « si nécessaire ». Les membres du G7 (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Japon, Allemagne, Italie, France, avec l'Union européenne) s'engagent aussi à ne pas imposer de restrictions à l'exportation d'énergie entre eux, à coordonner les arrêts de maintenance de leurs raffineries, et à encourager ceux qui le peuvent à produire davantage de diesel.
Le calendrier est serré. Donald Trump avait menacé d'interdire les exportations de diesel américain si l'Europe ne mettait pas davantage de ses stocks sur le marché. Une telle mesure aurait soulagé les automobilistes américains avant les élections de mi-mandat de novembre, mais fait grimper les prix partout ailleurs. Vendredi, le président américain s'est félicité sur les réseaux sociaux que l'Europe ait accepté de libérer « une quantité massive » de ses stocks. Devant la presse, il a ensuite assuré qu'un embargo n'avait « jamais vraiment été sur la table », alors qu'il l'avait lui-même soutenu en début de semaine. Emmanuel Macron, pour sa part, a insisté sur le fait que le président américain avait été « très clair » sur l'absence de restrictions entre membres.

Les prix, eux, ne bougent presque pas

Le soulagement n'est pas encore sur le marché. Selon la BBC, le baril de Brent est brièvement passé sous les 100 dollars avant de remonter vers 102 dollars vendredi soir, contre environ 73 dollars avant l'attaque américano-israélienne contre l'Iran. Un analyste de Kpler explique ce rebond par des rumeurs d'offensive saoudienne au Yémen, dans le but de rouvrir la voie de Bab-el-Mandeb, après de nouvelles frappes entre l'Arabie saoudite et les houthistes. Ces informations n'ont pas été confirmées officiellement.
Le diesel est le point faible de l'équation. Il est plus difficile à raffiner que l'essence, et il alimente les camions et les tracteurs, donc le prix de l'alimentation. La Russie a elle-même interdit ses exportations après des attaques ukrainiennes sur ses raffineries. Au Royaume-Uni, plus de la moitié du diesel est importé, dont 31 % des États-Unis, et le litre a dépassé 2 livres sterling vendredi pour la première fois.
Pour les pays africains importateurs, l'enjeu n'est pas mince : toute tension durable sur le diesel finit par se répercuter sur les transports et les prix alimentaires. Aucun communiqué du G7 ne précise toutefois quels pays partenaires libéreront des stocks, ni à quel rythme.

À Kiev, un deuxième pont touché

Sur le front ukrainien, la capitale vit une nouvelle phase. Samedi matin, le maire Vitali Klitschko a annoncé sur Telegram qu'une frappe russe avait touché le pont Nord : la chaussée et les câbles des trolleybus sont endommagés, et la circulation est bloquée dans le sens rive gauche-rive droite du Dniepr. Le pont Sud avait déjà été visé à plusieurs reprises jeudi et vendredi par des drones, ce qui a suspendu le métro et la circulation sur cet axe.
Ces deux ouvrages relient les parties est et ouest d'une ville d'environ trois millions d'habitants, et n'avaient jamais été frappés avant jeudi. La mairie a aussi limité la circulation sur deux autres ponts, Paton et Métro, sans attaque signalée. Klitschko juge la situation « très dramatique ». Vladimir Poutine justifie ces frappes par les attaques ukrainiennes sur des installations énergétiques russes ; la BBC rappelle que c'est Moscou qui avait commencé ce type de frappes. Volodymyr Zelensky, dans un entretien au Financial Times, estime que Poutine a décidé qu'il n'y a « plus de règles ».

Pyongyang tire, Séoul s'inquiète

Autre foyer, en Asie : la Corée du Nord a tiré samedi vers 6 h 30 un missile balistique depuis la région de Wonsan, qui a parcouru plus de 700 kilomètres vers la mer du Japon, selon l'armée sud-coréenne. Le tir est intervenu au lendemain d'une déclaration de Kim Yo-jong, sœur de Kim Jong-un, qui a rejeté la demande d'excuses de Séoul après l'explosion de mines dans la zone démilitarisée ayant blessé trois soldats sud-coréens. Elle a déclaré que son pays était « prêt à tout ». Le président sud-coréen Lee Jae Myung avait pourtant appelé jeudi au dialogue. Une réunion d'urgence du conseil de sécurité nationale s'est tenue à Séoul. Selon un expert de l'Institut Sejong, Pyongyang pourrait chercher à provoquer une réaction, ou avoir testé un nouveau type de missile. Le pays a procédé à plus de dix tirs cette année.

À suivre

La mise en œuvre réelle de la libération de stocks du G7, d'abord. Ensuite, la capacité de Kiev à maintenir ses axes de transport, avec la menace sur ses huit grands ponts. Enfin, la réponse de Séoul et de Washington au tir nord-coréen, et ce que Pékin en dira.
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