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États-Unis : l'élue Ilhan Omar visée par une enquête fédérale, sa citoyenneté au cœur des soupçons, à trois semaines des mi-mandat

Après la perquisition de son domicile lundi 12 octobre, le Wall Street Journal affirme que l'administration Trump explore un retrait de la citoyenneté de la représentante démocrate. Aucune procédure judiciaire en ce sens n'a été rapportée, et son bureau dénonce une enquête sans fondement.

JGJunior Gnapié15 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 3 foisPolitique
États-Unis, l'élue Ilhan Omar visée par une enquête fédérale
📷 Illustration : États-Unis, l'élue Ilhan Omar visée par une enquête fédérale © Caen - Maville
Lundi 12 octobre, des agents fédéraux ont perquisitionné le domicile de la représentante démocrate du Minnesota Ilhan Omar. Trois jours plus tard, le Wall Street Journal (WSJ), cité par Al Jazeera, affirme que l'administration Trump cherche à établir un motif pour lui retirer la citoyenneté américaine et, à terme, l'expulser. Rien, dans les textes consultés, n'indique qu'une action en justice a été déposée à cette fin : une enquête ne retire pas une nationalité, et une telle mesure suppose une procédure devant un tribunal.

Une perquisition confirmée par les autorités

Selon Fox 9, des agents de Homeland Security Investigations (HSI), service du département de la Sécurité intérieure, sont arrivés vers 6 heures. Le département de la Justice (DOJ) a indiqué que HSI exécutait un mandat de perquisition autorisé par un juge dans le cadre d'une enquête pénale fédérale en cours, sans en préciser la nature ni les éventuelles charges. Al Jazeera rapporte que la rue a été bloquée et que des cartons étiquetés « Seized Property Evidence » ont été sortis. Selon des personnes proches du dossier citées par le WSJ, les agents ont emporté son passeport, son téléphone, des ordinateurs et des carnets. Fox 9, dans sa version du 12 octobre, ne mentionnait pas d'objets saisis : l'information vient donc du seul WSJ.
Quelques heures après l'opération, Donald Trump a déclaré aux journalistes qu'il n'y était « pour rien », et que cela relevait du DOJ. Le bureau d'Ilhan Omar a qualifié l'opération d'« escalade sans précédent » contre des adversaires politiques ; l'élue a assuré aller bien et déclaré qu'elle ne se laisserait pas réduire au silence. La sénatrice Tina Smith et le gouverneur Tim Walz ont condamné la perquisition, tandis que le républicain Tom Emmer a affirmé que « nul n'est au-dessus de la loi ».

La question de l'âge dans les dossiers d'immigration

D'après le WSJ, qui cite des responsables américains et des personnes au fait de l'enquête, les enquêteurs examinent les dossiers d'immigration de sa famille et ont émis plus d'une douzaine d'assignations à comparaître, y compris à des proches, pour des auditions devant un grand jury du Minnesota. Ils chercheraient à savoir si l'élue ou son père, mort en 2020, a modifié son âge dans les documents pour la faire apparaître comme mineure de 17 ans, et non de 18, au moment de la demande de naturalisation du père. Dans ce cas, elle aurait pu obtenir la citoyenneté par son père plutôt que par une démarche distincte.
Un ancien haut responsable de l'immigration au département de la Justice, non nommé, estime que le dossier reposerait sur la question de savoir si Ilhan Omar a menti sur son propre âge. La mort du père complique la collecte de preuves. Selon le WSJ, HSI avait examiné une allégation similaire sous Joe Biden, sans donner suite faute d'éléments prouvant une fraude. Fox News Digital relie lui aussi l'enquête aux papiers d'immigration établis par le père, ce qui n'est pas une confirmation indépendante.

Un parcours déjà scruté

Ilhan Omar est arrivée aux États-Unis en 1995, après avoir vécu dans un camp de réfugiés au Kenya, et a obtenu la citoyenneté en 2000. Elle a déjà démenti toute fraude à l'immigration. Un organisme parlementaire indépendant l'avait auparavant mise hors de cause à propos de déclarations de patrimoine jugées surévaluées. Figure de l'aile progressiste du Parti démocrate, elle est depuis des années la cible d'attaques de Donald Trump et de ses alliés, souvent liées à ses origines somaliennes. Elle brigue un cinquième mandat dans la 5e circonscription du Minnesota.

Un calendrier politique chargé

L'affaire survient à trois semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre, où les républicains cherchent à conserver le Congrès. Le bureau de l'élue dénonce un usage politique de l'appareil fédéral ; les soutiens de l'enquête y voient l'application normale de la loi. Les textes lus ne permettent pas de trancher : ni charges ni pièces n'ont été rendues publiques.

Ce qu'il faut retenir

Les faits établis sont la perquisition, l'existence d'une enquête pénale fédérale et la confirmation de ces deux points par le DOJ. Le reste, notamment l'objectif de retrait de nationalité et la piste de l'âge falsifié, repose sur les informations du Wall Street Journal et sur des sources anonymes, que son bureau conteste. Pour la diaspora africaine aux États-Unis, l'affaire pose la question de la solidité de la naturalisation, mais rien dans les éléments connus ne laisse prévoir un changement de règles. Les prochaines étapes à surveiller : d'éventuelles inculpations, les auditions devant le grand jury et toute demande formelle de dénaturalisation.
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