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PolitiqueGuinée-Bissau

Guinée-Bissau : la junte bloque le retour d'Embalo, qui voulait être candidat à la présidentielle du 6 décembre

Renversé en novembre 2025 et exilé au Maroc, Umaro Sissoco Embalo avait annoncé son retour à Bissau le 4 octobre pour se présenter à la présidentielle. Le Haut Commandement militaire lui a répondu jeudi que les conditions de sécurité n'étaient « pour le moment » pas réunies.

JGJunior Gnapié2 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 13 foisPolitique
la junte bloque le retour d'Embalo
📷 Illustration : la junte bloque le retour d'Embalo © Bamako Matin
« Les conditions de sécurité nécessaires pour garantir le retour sur le territoire national de l'ancien président de la République, M. Umaro Sissoco Embaló, ne sont, pour le moment, pas réunies. » Le communiqué est daté du jeudi 1er octobre 2026 et signé du Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l'ordre public, d'après MediaGuinée. Il met un coup d'arrêt au retour que l'ancien chef de l'État avait annoncé quelques jours plus tôt.
Renversé par un coup d'État militaire en novembre 2025, Umaro Sissoco Embalo vit en exil au Maroc. Lundi, il avait fait savoir à l'AFP qu'il comptait rentrer en Guinée-Bissau pour se présenter à la présidentielle, prévue le 6 décembre. MediaGuinée précise qu'il avait annoncé son arrivée à Bissau pour le 4 octobre. Ce détail ne figure que dans ce média.

Un communiqué qui ferme la porte, « pour le moment »

La junte ne parle pas d'interdiction définitive. Le texte, tel que MediaGuinée le cite, dit que la décision est « exclusivement fondée sur des raisons de sécurité nationale, de préservation de l'ordre public et de prévention de situations susceptibles de compromettre la stabilité et la tranquillité sociales ». Africa Radio, qui reprend l'AFP, rapporte le même motif exclusif de « sécurité nationale » et de « préservation de l'ordre public ».
Le Haut Commandement rappelle aussi que les restrictions de la transition restent en vigueur, notamment celles qui concernent les manifestations, rassemblements et agglomérations à des fins politiques. Il avertit que toute désobéissance sera à la charge de ses auteurs, qui en assumeront « l'entière et exclusive responsabilité », et appelle la population, la communauté internationale, le corps diplomatique, la société civile, les confessions religieuses et les autorités traditionnelles à contribuer à la paix et à la stabilité. L'AFP ajoute que la junte a demandé à la population de rester sereine et de s'abstenir de tout acte susceptible de provoquer des affrontements.
France 24 résume la situation dans les mêmes termes : les militaires au pouvoir depuis le coup d'État de novembre 2025 bloquent le retour de l'ex-président, en invoquant des raisons de sécurité.

Une transition censée finir le 6 décembre

Les militaires sont au pouvoir depuis le 26 novembre 2025, rappelle l'AFP via Africa Radio. Ils sont censés organiser le 6 décembre des élections présidentielle et législatives afin de rétablir un pouvoir civil. Ce calendrier est donc maintenu, avec un candidat qui aurait dû en être et que l'armée tient à distance.
Entre-temps, la junte a organisé un référendum constitutionnel destiné à instaurer un régime présidentiel renforcé. La nouvelle Constitution a été approuvée à 70 % des suffrages le 30 août, dans un scrutin boycotté par plusieurs formations d'opposition, selon la dépêche de l'AFP. Ce chiffre est le seul que nous ayons sur le référendum, et il n'est confirmé par aucune autre source lue.
L'AFP rappelle enfin que le petit pays d'Afrique de l'Ouest a connu plusieurs coups d'État et tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974.

Une armée qui ne parle pas d'une seule voix ?

RFI a consacré son invité Afrique midi du jour à la question. Le titre de l'émission, avec Vincent Foucher, chercheur au CNRS et spécialiste de la Guinée-Bissau, affirme qu'Embalo « ne fait pas l'unanimité au sein de l'armée ». Le contenu de l'échange n'est disponible qu'en audio. Nous ne pouvons donc rapporter que ce titre, et il faudra écouter les quatre minutes et demie pour savoir sur quoi le chercheur fonde cette lecture.
Ce que les textes disent, en revanche, tient en peu de mots : un ancien président veut revenir, l'armée dit non pour des raisons de sécurité, et la date de l'élection reste inchangée. Aucun texte lu ne donne la réponse d'Embalo au communiqué, ni celle des partis en lice pour le 6 décembre. Tant que cette parole manque, le dossier reste celui de la junte. Si la présidentielle se tient à la date annoncée, la question de l'ancien président sera posée aux électeurs ou ne le sera pas, et c'est à la junte qu'il appartiendra d'expliquer pourquoi.
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