Une vingtaine d'experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ont publié mardi 20 octobre 2026 une déclaration appelant l'Inde à cesser de recourir à une « force excessive » contre des manifestants, rapporte Al Jazeera, dans un texte coécrit avec Reuters. Ils demandent une enquête impartiale sur la conduite des autorités. Ces experts s'expriment à titre indépendant : ils sont désignés par le Conseil mais ne parlent pas au nom de l'ONU.
Des étudiants frappés à coups de bâton
Selon eux, des manifestants ont été blessés et certains ont rapporté des mauvais traitements. Ils se disent « particulièrement préoccupés » par des signalements de violences sexuelles et d'autres abus fondés sur le genre lors des manifestations et des détentions qui les ont suivies. Malgré « la nature non violente » des rassemblements, les forces de l'ordre auraient utilisé la force contre des étudiants désarmés, notamment par des « lathi charges », c'est-à-dire des charges policières à coups de bâton, et empêché des milliers de personnes de rejoindre les cortèges.
Les experts exhortent les autorités à lever les interdictions générales de rassemblement et à cesser d'abuser de la surveillance numérique, y compris biométrique, et des coupures d'internet.
130 millions de noms radiés
Les manifestations de ce mois-ci sont menées par le Cockroach Janta Party, d'autres partis d'opposition et des mouvements étudiants. Ils réclament la démission du commissaire en chef aux élections, Gyanesh Kumar, après la suppression de 130 millions de noms des listes électorales. Les manifestants affirment que ces radiations touchent de façon disproportionnée les pauvres, les sans-abri et des minorités ethniques, dont les musulmans, peu susceptibles de voter pour le BJP du Premier ministre Narendra Modi.
Le BJP et la commission électorale démentent. La commission affirme avoir retiré des doublons, des électeurs décédés, déménagés ou inéligibles, et précise que les personnes exclues à tort peuvent faire appel.
Une critique que New Delhi écarte
L'Inde a, d'après Al Jazeera, rejeté à plusieurs reprises ce type de critiques comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait déjà exprimé plus tôt dans le mois son inquiétude au sujet de détentions massives liées aux manifestations.
Le texte d'Al Jazeera signale par ailleurs, dans ses articles liés, qu'un tribunal indien a prolongé la détention de dirigeants du mouvement le 19 octobre. Aucun bilan chiffré des blessés ou des interpellations n'y figure.









