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Mali : une embuscade du Jnim contre un convoi de l'Africa Corps russe près de Niono, au moins quatre Russes tués

Le 28 septembre, des jihadistes du Jnim ont visé un convoi de l'Africa Corps dans la région de Ségou. Les sources locales confirment au moins quatre morts russes, l'armée malienne se tait, et Moscou revendique de son côté une « opération conjointe » victorieuse.

JGJunior Gnapié3 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 11 foisPolitique
​Des dizaines de civils encore massacrés au centre du Mali, malgré la présence de Wagner
Des jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, ont revendiqué une embuscade tendue lundi 28 septembre contre un convoi militaire transportant des combattants russes de l'Africa Corps, près de Niono, dans la région de Ségou. Selon Radio France Internationale, de nombreuses sources locales confirment au moins quatre Russes tués. L'armée malienne n'a pas communiqué sur cette attaque.
L'attaque a eu lieu en fin de matinée entre Tiemaba et Wewo, au nord de Niono, une zone où la Katiba Macina du Jnim est implantée depuis de longues années, d'après RFI, reprise par allAfrica et Afriksoir. Les véhicules militaires ont d'abord été visés par des tirs de drones, avant que les jihadistes n'investissent le terrain pour constater les dégâts et filmer des images de propagande, largement diffusées depuis sur leurs canaux. Ils se sont ensuite repliés.

Quatre morts, sept morts et blessés

Le Jnim revendique « sept morts et blessés » parmi les Russes et affirme avoir emporté beaucoup d'armes et de matériel. Il ne mentionne aucun soldat malien. Les sources jointes par RFI, habitants, notabilités locales et spécialistes de la veille sécuritaire, confirment toutes au moins quatre soldats russes tués, ainsi que des blessés pris en charge à Niono. Certaines évoquent aussi des militaires maliens tués ou blessés, mais RFI précise que ces chiffres n'ont pas pu être recoupés. D'autres sources affirment que la patrouille était exclusivement composée de Russes, ce que RFI qualifie de rare.
Il faut donc distinguer ce qui est établi, c'est-à-dire un bilan minimal de quatre morts russes selon des sources concordantes, de ce qui ne l'est pas : le chiffre revendiqué par le Jnim, qui n'est pas indépendant, et l'éventuelle participation de Maliens.

Deux versions de la même journée

Le silence de l'armée malienne n'est pas total. Dans un communiqué publié mardi 29 septembre, l'état-major ne mentionne pas l'embuscade mais assure avoir « frappé avec précision », la veille, un « point de retranchement de groupes armés terroristes » dans la même zone de Niono. Il revendique aussi des frappes aériennes lundi près de Dioura, dans la région de Mopti.
L'Africa Corps, lui, a annoncé officiellement une « opération conjointe » avec l'armée malienne lundi 28 septembre dans la région de Ségou, au cours de laquelle « jusqu'à 30 terroristes » auraient été éliminés. Là encore, le communiqué de l'armée malienne du mardi ne fait état d'aucune opération menée lundi dans la région de Ségou. Afriksoir souligne que cette situation illustre « les divergences persistantes » entre les communications des acteurs engagés. On ne peut pas trancher ici entre ces récits : la seule chose sûre est que personne ne dit la même chose.

Dioura, trois semaines après

RFI rappelle un précédent récent. Le 10 septembre, le Jnim a tué dans le camp militaire de Dioura plus d'une centaine de soldats maliens et en a capturé plusieurs dizaines. Près de trois semaines après l'attaque, ce camp n'a pas été réinvesti par l'armée. Les indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA), qui combattent l'armée malienne et l'Africa Corps aux côtés du Jnim dans le Nord, ont de leur côté revendiqué mardi 29 septembre des frappes de drones kamikazes contre le camp militaire de Goundam, dans la région de Tombouctou, sans fournir de bilan. L'armée n'a pas communiqué non plus sur cette attaque.

Un enlisement russe ?

Une analyse publiée par allAfrica, dont l'auteur n'est pas identifié dans le texte consulté, juge que l'Africa Corps, qui a remplacé Wagner en juin 2024, « paie un lourd tribut au Mali » et que sa mission de stabilisation du centre du pays « s'enlise ». Elle cite, sans que cela ait pu être recoupé ici, le projet de données Acled, selon lequel plus de 200 combattants russes auraient été tués au Mali entre juillet 2024 et août 2026, et une estimation de 1 000 à 1 500 hommes de l'Africa Corps sur place en avril 2026 par l'Institute for the Study of War. Elle affirme aussi que Moscou ne communique plus sur ses pertes. Ces chiffres demandent une confirmation indépendante avant d'être tenus pour acquis.
Pour la Côte d'Ivoire et ses voisins, le fait mérite d'être suivi de près. Les armées sahéliennes, alliées de Moscou, perdent des soldats et du terrain d'après plusieurs sources, mais leur silence rend la mesure exacte impossible. La priorité pour la rédaction est donc de chercher un second média, indépendant de RFI, qui ait travaillé sur place avant d'en dire plus.
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