Sept semaines de concertations, et un texte unique. Lundi 5 octobre 2026, à 10 heures, une délégation de partis d'opposition et d'organisations de la société civile a remis au ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, sa proposition commune pour le futur organe chargé d'organiser les élections.
Qui a signé quoi
La remise s'est tenue au cabinet du ministre, à Abidjan. Le document réunit les projets du groupement porteur de l'initiative du Haut conseil électoral (HCE), de la Coalition pour l'alternance pacifique en Côte d'Ivoire (CAP-CI) et du mouvement Aujourd'hui et demain, la Côte d'Ivoire (ADCI). Les propositions du PPA-CI de Laurent Gbagbo y ont été intégrées. Le texte a été validé samedi 3 octobre au siège du PPA-CI, d'après le communiqué de l'ADCI daté du 4 octobre.
Chaque composante arrivait avec sa propre idée : une Commission électorale nationale indépendante pour la CAP-CI, une Agence nationale des élections et des statistiques (ANES) pour l'ADCI d'Assalé Tiémoko, le HCE porté notamment par Simone Ehivet Gbagbo. Le groupement du HCE comptait six délégués, dont Charles Blé Goudé, président du COJEP, et Ahoua Don Mello, président de La Côte d'Ivoire souveraine. Pascal Affi N'Guessan conduisait la CAP-CI, Assalé Tiémoko l'ADCI.
Ce sont donc « quatre formations » qui ont décidé de parler d'une seule voix. L'AIP, évoque « une partie de l'opposition » et de la société civile. Le PDCI-RDA a de son côté remis ses propres propositions au ministre.
Deux piliers, aucun parti dans l'organe technique
Le contenu n'a pas été publié en entier. Ce que l'on sait vient de Pascal Affi N'Guessan, président du FPI et porte-parole de la coalition. Le premier pilier est un organe technique composé d'experts en matière électorale, recrutés par appel à candidatures et liés par des contrats d'objectifs. Il ne doit compter « aucun représentant de parti politique, du gouvernement ou des pouvoirs publics ». Le second est un organe d'observation et de surveillance, ouvert aux parties prenantes, qui suivra le processus et pourra interpeller l'organe technique. L'opposition cite l'adage « la confiance n'exclut pas le contrôle ».
Pour Affi N'Guessan, les conflits électoraux ivoiriens viennent de « l'absence de confiance, l'absence de légitimité de l'organe chargé des élections ». Il parle d'une « opportunité historique ».
Un dialogue politique réclamé
Au-delà du dépôt, la délégation a plaidé pour l'ouverture de discussions « dans les meilleurs délais », rapporte l'AIP, afin de parvenir à un accord assez large. Affi N'Guessan souhaite un dialogue formel pour confronter ce projet à celui de l'exécutif, et l'actualisation du Code électoral. Le ministre Diomandé a indiqué, que le gouvernement entend associer tous les acteurs à l'élaboration du futur cadre. Aucune suite ni échéance n'a été annoncée à ce stade.
Une institution à reconstruire
Le contexte est connu : la Commission électorale indépendante a été dissoute par le président Alassane Ouattara, un organe critiqué depuis de nombreuses années. Le 28 septembre, le ministre de l'Intérieur recevait les forces politiques pour recueillir leurs propositions écrites. Le 2 octobre, le chef du Bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, reçu par le vice-président Tiémoko Meyliet Koné puis par Affi N'Guessan, voyait dans cette dissolution l'occasion de « travailler ensemble pour créer une nouvelle machine électorale ».
Reste que le plus dur commence. Un texte commun à des formations aux sensibilités différentes se dépose facilement. Il se défend plus difficilement face à un gouvernement qui détient la décision et dont on ignore pour l'instant la préférence. Le PPA-CI tiendra son meeting du Pacte social samedi 10 octobre à Gonzagueville, une première occasion d'entendre comment Laurent Gbagbo présente ce dossier à ses militants.







