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Organe électoral : HCE, CAP-CI et ADCI réitèrent leur appel au dialogue, Simone Gbagbo dénonce une « attitude incompréhensible » du pouvoir

Huit jours après la réponse du gouvernement à leur demande de concertation, les partis de l'opposition ont de nouveau pris la parole. Réunis jeudi 22 octobre 2026 au siège du FPI, à Abidjan, le groupement du Haut Conseil électoral (HCE) de Simone Ehivet Gbagbo, la Coalition pour l'alternance pacifique en Côte d'Ivoire (CAP-CI) de Pascal Affi N'Guessan et le mouvement Aujourd'hui et Demain la Côte d'Ivoire (ADCI) d'Assalé Tiémoko ont demandé l'ouverture « sans délai » d'un dialogue sur le futur organe électoral.

APAnge Pascal23 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 2 foisPolitique
Organe électoral : HCE, CAP-CI et ADCI réitèrent leur appel au dialogue
📷 Illustration : Organe électoral : HCE, CAP-CI et ADCI réitèrent leur appel au dialogue © Abidjan4all
Le sujet est sensible depuis des mois. La Commission électorale indépendante (CEI) a été dissoute en mai, et le gouvernement prépare le texte qui créera son successeur. Le 5 octobre, une proposition commune, élaborée par le HCE, la CAP-CI, l'ADCI et le PPA-CI, a été déposée au ministère de l'Intérieur et de la Sécurité. Elle rassemble des projets distincts : un Haut Conseil électoral de 13 membres pour le groupement de Simone Gbagbo, une Commission électorale nationale indépendante pour la CAP-CI, et une Agence nationale des élections et des statistiques pour l'ADCI. Le 13 octobre, quatorze partis et groupements ont saisi le Premier ministre pour demander l'ouverture d'un dialogue national.
La réponse est venue le lendemain. À l'issue du Conseil des ministres du 14 octobre, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a rappelé que les partis avaient été invités à transmettre leurs propositions au ministère de l'Intérieur. Celles-ci seront analysées, complétées par les analyses du gouvernement, puis un document final sera transmis à l'Assemblée nationale. Interrogé sur un dialogue national, il a indiqué ne pas avoir été informé qu'un tel dialogue aurait lieu, et a appelé à éviter la surenchère politique.
« Un organe électoral ne se met pas en place de façon unilatérale », a répondu Pascal Affi N'Guessan, président de la CAP-CI et du FPI, jeudi. Selon lui, la création de l'institution doit faire l'objet de consultations et de négociations, dans l'intérêt national de toutes les parties prenantes. Pour l'ancien Premier ministre, il ne suffit donc pas de recueillir les propositions des acteurs politiques : il faut aussi des échanges permettant de rapprocher les positions. Assalé Tiémoko a souligné que la dissolution de la CEI devait permettre de repenser la gestion du processus électoral et de bâtir le nouvel organe de façon concertée.
Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), a livré la déclaration la plus détaillée. Elle a d'abord retracé la méthode du pouvoir. Le 22 juin, le Premier ministre avait invité les partis à ce qu'il présentait comme une « séance de travail », qui fut, selon elle, un simple discours où la vision du gouvernement s'imposait sans écoute. Trois mois plus tard, le ministre de l'Intérieur a demandé des propositions écrites, sans que l'on sache, dit-elle, si c'était pour débattre. Le 14 octobre, enfin, le porte-parole a opposé à l'opposition une objection de principe, au nom de la bonne santé des institutions, un propos dont elle dit ne pas savoir s'il constituait un simple commentaire ou une position officielle. « Tout porte à croire » que « le pouvoir a choisi de fermer la porte au dialogue », a-t-elle déclaré, jugeant cette attitude « incompréhensible ».
Elle a ensuite avancé trois raisons d'urgence. La première : sauver des vies, car chaque élection, depuis des décennies, s'est accompagnée de tensions, de violences et de morts. La deuxième : le dialogue fait partie de l'identité et de la culture ivoiriennes, et elle a rappelé la formule attribuée à Félix Houphouët-Boigny, « le dialogue est l'arme des forts ». La troisième : la légalité ne suffit pas, il faut la légitimité, qui se construit, a-t-elle dit, autour d'une table, dans la transparence. « Le dialogue que nous demandons n'est ni une faiblesse, ni un caprice », a-t-elle insisté.
La conférence s'est achevée sur un appel solennel au chef de l'État et au gouvernement : « Ouvrez sans délai un véritable dialogue avec l'opposition et la société civile », afin de construire ensemble un organe électoral « impartial, crédible et transparent ». Les trois formations s'inscrivent ainsi dans la continuité de leur démarche commune, engagée dès la fin de septembre, quand le FPI avait indiqué travailler à une proposition conjointe avec la CAP-CI, l'ADCI et les partis du HCE.
Les positions restent donc éloignées. D'un côté, le gouvernement met en avant un circuit institutionnel précis, de la collecte des contributions jusqu'au débat parlementaire. De l'autre, l'opposition réclame un cadre politique plus large avant que le texte ne parte à l'Assemblée nationale. Le porte-parole du gouvernement n'avait annoncé, le 14 octobre, ni calendrier précis ni date de rencontre avec l'opposition.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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