Les partis d'opposition ivoiriens ont demandé mardi 13 octobre l'ouverture d'un dialogue national sur le futur organe chargé d'organiser les élections. Lors d'un point de presse à la Maison du PDCI-RDA, à Cocody, ils ont indiqué avoir adressé la veille un courrier commun à la Primature, pour que le Premier ministre ouvre ce dialogue, rapporte Fraternité Matin.
C'est Georges Philippe Ezaley, vice-président du PDCI-RDA, qui a lu la déclaration commune. Simone Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, Charles Blé Goudé, Ahoua Don Mello et Israël Guébo, présent pour représenter Assalé Tiémoko Antoine, étaient dans la salle, d'après le journal. Le texte évoque des « décisions déjà arrêtées sans concertation avec l'opposition » et se termine sur une phrase d'engagement : « Notre engagement est clair : défendre le suffrage, rechercher le consensus et préserver la paix. »
Ce que réclame l'opposition
La liste est précise. Les signataires veulent une liste électorale fiable, soumise à un audit indépendant, et la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote. Ils demandent aussi qu'un accord écrit soit conclu avant que les textes ne soient finalisés et adoptés, avec le gouvernement, les partis de la majorité et de l'opposition, et la société civile. Ils sollicitent enfin l'accompagnement de partenaires régionaux et internationaux, « dans le respect de la souveraineté nationale », selon le compte rendu de Fraternité Matin.
La critique de l'ancienne Commission électorale indépendante court en filigrane : son impartialité a été contestée.
Une semaine de manœuvres
La séquence s'est accélérée en huit jours. Le 5 octobre, plusieurs partis ont déposé au ministère de l'Intérieur un document de synthèse contenant leurs propositions de réforme. Le vendredi 9, toujours au siège du PDCI-RDA, les responsables de l'opposition se sont retrouvés pour harmoniser leurs positions avant toute négociation avec le gouvernement. Simone Gbagbo y a dit que les propositions n'étaient qu'une étape : « Notre objectif, c'est d'obtenir de véritables échanges avec le gouvernement pour bâtir ensemble un nouvel organe ». Pascal Affi N'Guessan a ajouté que « sur les grands principes, il faut que l'on puisse parvenir à une proposition commune ».
Ce même jour Georges Philippe Esaley a affirmé qu'une lettre commune avait été envoyée aux autorités et que les participants avaient ensuite reçu une invitation du ministre de l'Intérieur.
Le PPA-CI à part
L'unité n'est pas totale. Le Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire, formation de Laurent Gbagbo, a publié le 7 octobre un communiqué signé de son président exécutif Léon Emmanuel Monnet. Il y appelle à un dialogue politique inclusif entre le gouvernement et les partis, et précise n'avoir pas signé le document de synthèse remis au ministère, faute d'avoir terminé sa validation interne. Le parti dit avoir rédigé sa propre proposition, discutée avec des groupes proches de l'opposition comme le CAP-CI, le HCE et l'ADCI, et invoque « l'histoire récente » et « l'intérêt supérieur de la nation ».
Ce qui manque
Aucune réponse du gouvernement n'est rapportée à ce stade. A l'heure de la rédaction de cet article, il n'y avait pas de date pour la création de l'organe, ni pour l'adoption des textes. C'est pourtant ce calendrier qui décidera si la demande de l'opposition, formulée avant la finalisation des textes, arrive à temps. Pour les Ivoiriens de l'étranger, qui votent depuis les consulats, la question de la liste électorale et de son audit les concerne autant que ceux du pays.









