Trois dossiers sans lien direct, un même point commun : aucun n'a livré de réponse nette ce jeudi 8 octobre. Tour d'horizon.
Pékin : l'Europe veut des « résultats concrets », la Chine promet de répondre
Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, est attendu à Pékin les 8 et 9 octobre pour deux jours de réunions que la presse décrit comme décisives. Selon Malay Mail, les discussions durent depuis juin et Bruxelles avait fixé octobre comme échéance pour obtenir des « résultats concrets ».
Les chiffres expliquent la tension. Le déficit commercial de l'Union avec la Chine a atteint environ 360 milliards d'euros en 2025, et devrait encore se creuser cette année. Les responsables européens évoquent un « China Shock 2.0 » : après les produits bon marché du début des années 2000, c'est désormais la haute technologie qui inquiète. Denis Redonnet, chargé de l'application des règles commerciales de l'UE, estime que près d'un quart des importations européennes présente des évolutions préoccupantes, principalement liées à des produits chinois, dans les machines, les textiles, les métaux de base et la chimie.
Bruxelles réclame un système de licences d'exportation pour les terres rares, après les restrictions imposées par Pékin l'an dernier, et voudrait encadrer certaines importations (les voitures hybrides, par exemple) par des quotas volontaires. Pékin s'y oppose et promet de répondre « résolument » à toute mesure discriminatoire. Elle a déjà frappé le cognac et ouvert des enquêtes antidumping sur le porc et les produits laitiers européens.
Les experts cités restent prudents. Penny Naas, du German Marshall Fund, s'attend à « quelques miettes » plutôt qu'à une percée ; Zhu Tian, de la CEIBS à Shanghai, imagine des accords ciblés plutôt qu'un règlement global. De nouveaux outils européens, dont un équivalent de la Section 301 américaine soutenu par la France, doivent être présentés aux dirigeants en décembre. L'Allemagne, dont la Chine est le premier partenaire commercial, reste la plus réservée.
Washington : Vance entrouvre la porte sur l'enrichissement
Dans le dossier iranien, Al Jazeera rapporte que le vice-président JD Vance réclame une réduction « significative » de la capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran dans le cadre d'un accord mettant fin à la guerre. Des experts y voient un possible assouplissement par rapport à l'exigence initiale de Washington, qui voulait que Téhéran renonce complètement à l'enrichissement. Vance a demandé pourquoi l'Iran aurait besoin d'uranium enrichi à 60 % s'il ne cherche pas l'arme nucléaire.
Le secrétaire d'État Marco Rubio affirme que l'Iran ne peut pas détenir l'arme atomique et prétend que le pays a perdu le contrôle du détroit d'Ormuz. Donald Trump prévient que la guerre se terminera « de la manière gentille ou de la manière moins gentille ». Côté iranien, le président Masoud Pezeshkian juge les négociations « futiles », rappelant trois attaques subies après des pourparlers. La proposition iranienne de fin septembre, rejetée par Trump, prévoyait l'arrêt des combats sur tous les fronts, la levée du blocus naval et des sanctions pétrolières américaines, puis une réouverture d'Ormuz sous sept jours.
L'AIEA confirme un enrichissement à 60 %, loin des 90 % d'un usage militaire, et son évaluation de mai 2025 ne relevait pas d'indices crédibles d'un programme d'armes structuré. Selon Kpler, les flux pétroliers du Golfe hors Iran dépassaient 81 % de leur niveau d'avant-guerre en septembre, mais les attaques contre les navires continuent. Des experts notent qu'un accord avant les élections de mi-mandat de novembre arrangerait la Maison-Blanche.
Moscou : une mort à l'institut anti-peste d'Irkoutsk
Le troisième sujet est sanitaire. Darya Shipilova, 28 ans, employée de l'Institut de recherche anti-peste de Sibérie et d'Extrême-Orient, à Irkoutsk, serait tombée malade au travail le 30 septembre et morte deux jours plus tard dans un hôpital de Chelekhov. Des médias russes ont évoqué une peste pulmonaire et un possible accident de laboratoire, sans confirmation officielle. Les autorités parlent d'une « pneumonie d'étiologie inconnue » et disent n'avoir trouvé aucun élément reliant les agents étudiés à sa maladie.
Environ 200 personnes en contact avec elle ont été mises en quarantaine, une partie de l'hôpital a été isolée et Anna Popova, patronne de l'agence sanitaire Rospotrebnadzor, s'est rendue sur place. Parmi les contacts, deux cas de Covid et deux de rhinovirus ont été relevés, mais aucun de peste. Le Kremlin demande de s'en tenir aux communiqués officiels ; Trump dit suivre la situation et Rubio ne voit pas de raison de s'alarmer. Malick Gibani, de l'Imperial College de Londres, rappelle que l'évaluation est difficile avec si peu d'informations. La peste pulmonaire est la seule forme transmissible entre humains, et la dernière transmission documentée remonte à 1924, selon les CDC.
Ce qui reste à vérifier
Les résultats de Pékin, la réponse de Téhéran à la nouvelle formule de Vance et les analyses de laboratoire d'Irkoutsk sont les trois suites à guetter dans les prochains jours. Pour l'instant, rien de définitif.







