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Procès de Blaise Lasm : après 384 jours de détention, le cadre du PPA-CI face à ses juges à Abidjan

Trois cent quatre-vingt-quatre jours après son placement sous mandat de dépôt, Blaise Lasm est face à ses juges. Le secrétaire général adjoint du PPA-CI, le parti de Laurent Gbagbo, comparaît ce lundi 19 octobre 2026 au matin devant la section antiterroriste du tribunal correctionnel du Plateau, à Abidjan, pour des faits désormais qualifiés de délits. Pour l'opposition ivoirienne, ce procès fait figure de test.

APAnge Pascal19 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 19 foisPolitique
Blaise Lasme Cadre du PPA-CI
📷 Illustration : Blaise Lasme, cadre du PPA-CI face à ses juges à Abidjan © Abidjan4all
L'histoire judiciaire de Blaise Lasm commence à la fin de septembre 2025, un mois avant une élection présidentielle dont Laurent Gbagbo avait été écarté, après sa radiation de la liste électorale. Le responsable politique s'était rendu à la préfecture de police d'Abidjan en même temps que Dahi Nestor Douhouré, un autre secrétaire général adjoint du parti. Après plus de vingt-quatre heures de garde à vue et une audition chez un juge d'instruction du Plateau, les deux hommes ont été placés sous mandat de dépôt le 30 septembre, puis conduits au Pôle pénitentiaire d'Abidjan. Ils étaient alors visés pour provocation à l'insurrection, atteinte à l'autorité de l'État et à l'intégrité du territoire national, et trouble à l'ordre public.
Le dossier a beaucoup évolué depuis. Par une ordonnance du 7 septembre 2026, un juge d'instruction a prononcé un non-lieu partiel en faveur de Blaise Lasm. « Les chefs d'accusation les plus graves ont été abandonnés », a résumé Me Roseline Aka-Serikpa, membre du collectif de défense. L'atteinte à l'autorité de l'État a été requalifiée en complot contre l'autorité de l'État, non suivi d'actes commis ou commencés pour en préparer l'exécution. Selon les informations rapportées par la presse, le cadre du PPA-CI reste renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des actes ou manœuvres jugés de nature à compromettre la sécurité publique, à occasionner de graves troubles à l'ordre public, à jeter le discrédit sur les institutions ou à inciter les citoyens à désobéir aux lois et aux ordres de l'autorité légitime. Il ne reste donc que des délits, ce qui explique son renvoi devant un tribunal correctionnel.
C'est l'un des paradoxes de cette audience : le volet criminel est tombé, et pourtant l'affaire revient devant la formation spécialisée dans les dossiers de terrorisme. Elle n'est pas la seule. Entre le 15 et le 23 octobre, cinq hauts responsables du PPA-CI sont convoqués par la section antiterroriste, parmi lesquels Koua Justin Banouakou, premier secrétaire général adjoint, attendu lui aussi ce 19 octobre, et Dahi Nestor Douhouré, convoqué le 21. Des cadres du PDCI-RDA ont reçu des convocations du même service. En septembre, Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du PPA-CI, avait été écroué, pour « actes terroristes » et « participation à un mouvement insurrectionnel ».
Une autre donnée pèsera dans la salle : la durée de la détention. Blaise Lasm a passé plus de douze mois derrière les barreaux pour des faits devenus correctionnels. Sa défense, qui juge les éléments de l'accusation insuffisants, réclame sa libération, et indique que son état de santé se serait aggravé en détention, ce qui justifierait, selon elle, une prise en charge spécialisée. En cas de condamnation, la peine sera forcément lue à l'aune de ce temps déjà passé en prison. La question que l'on se pose  est simple : pourquoi maintenir en détention un homme dont la justice a allégé les charges avant même le procès ?
Au moment de la mise en ligne de cet article, la décision du tribunal n'était pas connue. L'audience de ce lundi doit dire si le cadre du PPA-CI retrouve la liberté, si l'affaire est renvoyée à une date ultérieure, ou si le tribunal fixe la date d'un délibéré. Quelle que soit l'issue, elle sera lue bien au-delà du seul cas de Blaise Lasm, à quelques jours de l'audition d'autres dirigeants de l'opposition devant la même section.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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