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PolitiqueGuerre en Ukraine

Russie : après un nouvel entretien avec Witkoff, Poutine accepte de reprendre les pourparlers sur l'Ukraine

Reçu mercredi 21 octobre à Saint-Pétersbourg par Vladimir Poutine, l'émissaire américain Steve Witkoff a obtenu la libération d'un Américain détenu et la reprise de négociations avec Kiev, les premières depuis février. Ses propos élogieux à l'égard du président russe suscitent une polémique à Washington.

JGJunior Gnapié22 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 1 foisPolitique
Poutine accepte de reprendre les pourparlers sur l'Ukraine
📷 Illustration : Poutine accepte de reprendre les pourparlers sur l'Ukraine © Vietvam.vn
L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré le président russe Vladimir Poutine le mercredi 21 octobre 2026 au palais Konstantinovski, à Saint-Pétersbourg. Jared Kushner, autre proche conseiller de Donald Trump, y participait par visioconférence. Selon Al Jazeera, la rencontre a débouché sur la libération d'un ressortissant américain et sur l'accord de Moscou pour reprendre des négociations avec l'Ukraine sous médiation américaine, une première depuis plusieurs mois.

Un Américain libéré en ouverture

L'entretien a commencé par la remise en liberté de Stephen Hubbard, un enseignant retraité de 74 ans. Détenu pendant plus de quatre ans, il avait été condamné à plus de six ans de prison, accusé d'avoir combattu comme mercenaire pour l'Ukraine. Washington estime qu'il était détenu de manière arbitraire. Donald Trump a écrit que la Russie n'avait pas demandé d'échange de prisonniers « par respect » pour lui. Un responsable américain a indiqué que le président avait ensuite parlé à M. Hubbard par téléphone.

Une reprise des pourparlers, sans calendrier ferme

Sur le dossier ukrainien, MM. Witkoff et Kushner ont proposé une « rencontre trilatérale au niveau technique » consacrée aux garanties de sécurité pour l'Ukraine et la Russie après la guerre. Vladimir Poutine a accepté de reprendre les discussions. Kiev avait déjà donné son accord mardi, lors d'une rencontre avec des représentants américains à Oslo.
Selon Reuters, cité par Al Jazeera, le Kremlin a indiqué que les pourparlers pourraient se tenir à Abou Dhabi et débuter dès le mois prochain. Aucune date n'a été annoncée. Les dernières négociations sous médiation américaine remontent à février, juste avant le lancement par les États-Unis et Israël de leur guerre contre l'Iran. Les deux émissaires avaient rencontré M. Poutine à Moscou en septembre.

Un compliment qui fait polémique

Une phrase de Steve Witkoff, adressée au président russe, a rapidement éclipsé le reste de la journée : « Vous êtes aussi un humanitaire, monsieur, et je salue cela. Je vous en félicite. » Les critiques ont dépassé les clivages partisans. Le sénateur républicain Thom Tillis a écrit « WTF, Steve ? » et lui a conseillé de chercher la définition du mot « humanitaire ». Son collègue républicain John Cornyn a qualifié Vladimir Poutine de « tueur à sang froid », tandis que le démocrate Mark Kelly l'a désigné comme un « criminel de guerre ».
Le vice-président JD Vance a défendu l'émissaire, expliquant qu'il avait dit « quelque chose de gentil » à quelqu'un qui venait de libérer un Américain. Donald Trump a jugé la formule « bonne » pour « cette raison précise », tout en ajoutant : « Mais je ne dirais rien dans un sens ou dans l'autre. »

Vers une rencontre Trump-Poutine-Xi ?

Le Kremlin a aussi évoqué l'hypothèse d'une rencontre à trois avec Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Si elle se confirmait, elle pourrait avoir lieu le mois prochain en marge du sommet de l'APEC, en Chine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a toutefois précisé qu'« aucune proposition ou entente précise n'a été discutée ou avancée par quiconque », en rappelant que les trois dirigeants ne se sont jamais réunis dans un format dédié.

Ce que cela change, et ce qui reste incertain

La guerre, déclenchée en février 2022, approche de sa cinquième année. À Kiev, on craint que l'administration Trump ne se détourne de l'Ukraine. Des critiques redoutent que le président américain, connu pour sa relation cordiale avec M. Poutine, ne cède aux exigences russes pour obtenir un accord rapide.
À ce stade, il s'agit d'une promesse de discussions techniques, non d'un cessez-le-feu ni d'un cadre de paix. Le lieu, la date, la composition des délégations et le contenu des garanties de sécurité restent à définir. Pour les lecteurs africains, l'enjeu est aussi économique : la guerre pèse depuis 2022 sur les prix des céréales, des engrais et de l'énergie, et toute évolution des relations entre Washington, Moscou et Pékin influence l'équilibre des marchés dont dépendent de nombreux pays du continent, dont la Côte d'Ivoire.

Sources : Al Jazeera, « What happened during Witkoff and Kushner's latest meeting with Putin » (21/10/2026), qui cite notamment Reuters.

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