Le service de sécurité russe (FSB) affirme avoir arrêté sur l'île de Sakhaline, dans l'Extrême-Orient russe, un ressortissant japonais soupçonné d'espionnage. Mardi 13 octobre 2026, le ministère russe des Affaires étrangères l'a identifié comme Yuki Imai, journaliste du quotidien Hokkaido Shimbun, selon Euronews. Le lendemain, Tokyo a convoqué l'ambassadeur de Russie pour protester.
Ce que dit Moscou
Le FSB, qui n'a pas nommé l'homme, prétend qu'il travaillait pour le renseignement japonais et cherchait à recueillir des informations sur les défenses russes. Il a publié une vidéo où des officiers masqués font irruption dans une chambre d'hôtel, plaquent un homme au sol et le menottent. L'île de Sakhaline est proche d'un archipel que les deux pays se disputent.
Le suspect a été transféré à Moscou, où un tribunal a ordonné sa détention provisoire. D'après les agences russes TASS et RIA Novosti, il doit rester en détention jusqu'au 12 décembre. Les charges peuvent aller jusqu'à vingt ans de prison. Les dates de l'arrestation et de l'audience ne sont pas précisées.
La réaction de Tokyo
Mercredi 14 octobre, le haut fonctionnaire Kimitake Nakamura a convoqué l'ambassadeur russe, Nikolay Nozdrev, et exprimé une vive protestation contre la détention et les déclarations unilatérales de la Russie. Le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, a indiqué que Tokyo n'avait pas pu joindre l'intéressé et n'avait été informé qu'à l'annonce officielle de Moscou. Le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a demandé des informations rapides et un traitement équitable et impartial.
Le Hokkaido Shimbun dit confirmer encore les détails et faire de la sécurité de son journaliste sa priorité.
Le Kremlin et les défenseurs de la presse
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que le FSB faisait son travail et que, s'il y a des espions, ils sont arrêtés. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a jugé regrettable que Tokyo utilise ses correspondants pour collecter des informations et parlé d'un cas qui n'est pas isolé. Reporters sans frontières demande que les droits du journaliste soient respectés et qu'il soit libéré, en rappelant que la collecte d'informations fait partie du journalisme.
À ce stade, aucune preuve rendue publique ne permet d'évaluer l'accusation d'espionnage.









