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PolitiqueRéforme électorale

Sans CEI depuis le 6 mai, la Côte d'Ivoire consulte les partis sur son futur organe électoral, la liste attend

La Commission électorale indépendante a été dissoute par ordonnance le 6 mai 2026, et son successeur n'existe pas encore. Depuis le 28 septembre, le ministre de l'Intérieur reçoit les propositions des partis, tandis que l'opposition tente de rédiger un texte commun. La révision annuelle de la liste électorale, elle, est suspendue à ce nouvel organe.

JGJunior Gnapié2 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 16 foisPolitique
Réforme électorale : le FPI mise sur une proposition commune de l'opposition avec le ministère de l'Intérieur
📷 Illustration : Sans CEI depuis le 6 mai, la Côte d'Ivoire consulte les partis sur son futur organe électoral © Abidjan4all
La Côte d'Ivoire n'a plus d'organe électoral depuis cinq mois. Le Conseil des ministres, présidé par Alassane Ouattara, a adopté le 6 mai 2026 une ordonnance portant dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), selon le communiqué du Secrétariat général du gouvernement cité par OEil d'Afrique. L'ordonnance porte le numéro 2026-265, précise Afriksoir. Le gouvernement a invoqué « les réserves relevées à l'endroit de cette institution ainsi que des critiques dont elle fait l'objet » après le dernier cycle électoral. Créée par la loi du 9 octobre 2001, la CEI avait organisé pendant vingt-cinq ans les élections nationales et le référendum.
Depuis, rien ne l'a remplacée. Le code électoral impose pourtant la mise à jour annuelle de la liste. Son article 6, dans la rédaction issue de l'ordonnance du 8 avril 2020, en confie la tâche à « la Commission chargée des élections ». Cette commission n'existe plus.

Une révision suspendue au nouvel organe

Le 9 septembre, à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a reconnu l'obligation légale et en a tiré la conséquence : la révision attendra. Il n'a fixé aucune échéance. « Les réflexions sont en cours, et une fois celles-ci terminées, nous saurons exactement quel organisme mènera cette opération. À partir de ce moment-là, la révision aura lieu », a-t-il déclaré, selon OEil d'Afrique, qui s'appuie sur l'Agence ivoirienne de presse.
La liste en vigueur est donc la dernière arrêtée par la CEI : 8 727 431 électeurs, soit 715 006 de plus qu'au cycle précédent, présentée le 2 juin 2025 par son président Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. Elle a servi à la présidentielle du 25 octobre 2025. Ceux qui sont devenus majeurs depuis attendent la prochaine révision pour s'inscrire, rappelle OEil d'Afrique, qui note aussi qu'une révision demande en général six à sept mois, selon Koaci.

Les partis reçus un par un

La consultation formelle a commencé le lundi 28 septembre. Le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a reçu au Plateau une délégation du PDCI-RDA conduite par son vice-président Georges-Philippe Ezaley, venue remettre les propositions écrites du parti. Le PDCI-RDA attendait ce rendez-vous depuis l'été : il avait saisi le gouvernement dès le 19 juin, puis l'avait relancé le 8 juillet, a dit Ezaley à Fraternité Matin, d'après OEil d'Afrique.
Le même jour, à 15 h 30, le ministre a reçu l'ADCI d'Assalé Tiémoko Antoine, selon Yeclo. Le mouvement a salué une « démarche républicaine d'écoute » et dit travailler à un document de proposition commune avec la CAP-CI de Pascal Affi N'Guessan et avec les partis signataires du Haut conseil électoral, initié par Simone Ehivet Gbagbo. Le PPA-CI, d'après Yeclo, s'est déclaré disposé à participer à cette réflexion. Le contenu des propositions n'a pas été rendu public, et le document sera transmis « dans les meilleurs délais », sans date. Le jeudi 1er octobre, une délégation du MGC et de Côte d'Ivoire Souveraine a été reçue à son tour, indique Yeclo.
Pour ce même jeudi, à 17 heures, Pascal Affi N'Guessan avait annoncé sur les réseaux sociaux une « rencontre décisive » au siège du PPA-CI. Nous n'avons pas de compte rendu de ce qui s'y est dit.

Une opposition qui cherche sa voix

Le PDCI-RDA, lui, joue une partition à part. Il était absent de la réunion du 1er septembre au siège du PPA-CI, note Afriksoir, qui rappelle que les deux partis formaient il y a quelques mois encore les principales forces d'un front commun. Le PDCI-RDA a toutefois rencontré le Haut conseil électoral le 9 septembre, et Simone Ehivet Gbagbo en est ressortie en plaidant : « Nous plaidons pour que l'opposition ait une proposition commune à présenter au Gouvernement ».
Sur sa page Facebook, citée par Afriksoir, elle accusait le gouvernement de vouloir passer par la voie parlementaire « pour éviter d'écouter l'opposition dans le cadre d'un dialogue national ». C'est une accusation, pas un fait établi. Ce que montrent les textes, c'est que le ministre de l'Intérieur consulte bel et bien, et que la rentrée parlementaire du 1er octobre place le texte créant l'organe sur la table des députés, d'après OEil d'Afrique.
Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, avait présenté le 22 juin les orientations du futur cadre : l'organisation matérielle des élections, la compilation des votes, la supervision et le contrôle. Aucune date de mise en place n'est donnée, et tant que ce calendrier manque, l'électeur ivoirien n'a toujours aucun organisme à qui demander son inscription.
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