Le cabinet du huitième juge d'instruction de la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan, à Cocody-Angré, n'a pas fini de recevoir des responsables de l'opposition. Vendredi 16 octobre à midi, Emmanuel Ackah, troisième vice-président du PPA-CI, était attendu devant la magistrate, selon une convocation datée du 12 octobre et signée du juge Eunice Enokou Gnamiabra, que rapporte Connectionivoirienne. Samedi, la presse ivoirienne indiquait qu'il était reparti sous contrôle judiciaire. Cette dernière information vient d'un seul quotidien, L'Inter, citée par la revue de presse d'Afrique-sur7 ; elle reste à confirmer.
Cinq cadres du PPA-CI convoqués entre le 15 et le 23 octobre
Dans une déclaration datée du 15 octobre, le parti de Laurent Gbagbo explique que des convocations ont été déposées le 14 à son siège. Cinq responsables doivent se présenter devant le même cabinet : Daniel Billaud Zéréhoué (15 octobre), Emmanuel Ackah (16), Koua Justin Banouakou (19), Dahi Nestor Douhouré (21) et Fabrice Lago (23). Le PPA-CI précise que Banouakou est déjà sous contrôle judiciaire et que Douhouré est incarcéré, tous deux poursuivis, dit-il, pour les mêmes chefs d'accusation.
La convocation d'Emmanuel Ackah, que Koaci avait annoncée dès le 14 octobre, ne dit rien des faits reprochés ni de son statut, témoin ou mis en cause. Elle fait suite à l'audition de Sébastien Dano Djédjé, ancien ministre, que le parti dit avoir vu placé sous contrôle judiciaire le 12 octobre.
Le PDCI-RDA vise à son tour
Le 16 octobre, Connectionivoirienne a publié une information venue d'une note du PDCI-RDA, reprise par l'Agence ivoirienne de presse : cinq cadres du parti d'Henri Konan Bédié sont convoqués devant la même section. Il s'agit de Georges Philippe Ezaley, vice-coordonnateur des activités des vice-présidents, de Roger M'Bia, directeur général du parti, d'Alain Cocauthrey, directeur de cabinet du président du parti, de Dia Houphouët Augustin, vice-président et membre du Secrétariat exécutif, et de Fian Hervé, membre du Bureau politique. Les convocations ne mentionnent pas, pour l'instant, de date de comparution.
Dans la presse du jour, c'est surtout Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, qui fait la une de L'Inter à propos de la présidentielle de 2025. Il y déclare avoir « fait ce qu'il pouvait » et s'en remettre à l'avenir, selon la revue de presse d'Afrique-sur7.
Ce que réclame le PPA-CI
Le PPA-CI dit compter plus de 1 600 détenus, en grande majorité en détention préventive, et cinq décès dont les causes n'auraient pas été établies. Ces chiffres sont ceux du parti et n'ont pas été recoupés. Il met en cause des accusations qu'il juge génériques, de terrorisme et d'atteinte à la sûreté de l'État, et invoque la loi du 2005 sur le statut des anciens hauts responsables, sans en détailler la portée. Il demande la libération sans condition des détenus politiques et un dialogue inclusif : « Asseyons-nous et discutons ! », écrit-il, tout en appelant ses militants au calme.
Aucune réponse du parquet ni du gouvernement n'a été lue à ce stade. Les dates de comparution des cadres du PDCI-RDA, ainsi que les suites données aux auditions d'Emmanuel Ackah et de Daniel Billaud Zéréhoué, permettront de mesurer l'ampleur réelle de ces procédures.









