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Sénat ivoirien : une deuxième session sous le signe du numérique, du budget et de l'intelligence artificielle

À Yamoussoukro, la présidente Kandia Camara a ouvert la deuxième session ordinaire de 2026. Au programme : le budget, neuf autres projets de loi, et une modernisation annoncée des méthodes de travail, avec vote électronique à terme. Reste à savoir quand tout cela entrera en application.

APAnge Pascal13 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 18 foisPolitique
La Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, accueille la deuxième session ordinaire du Sénat
📷 Illustration : La Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, accueille la deuxième session ordinaire du Sénat © Abidjan4all
Le Sénat ivoirien a rouvert ses portes. À la Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, sa présidente Kandia Camara a déclaré ouverte la deuxième session ordinaire de l'année 2026, « avec foi en notre avenir commun ».

Le budget et neuf textes sur la table

Les sénateurs auront d'abord à examiner les projets de loi de finances. S'y ajoutent neuf autres projets de loi pour le dernier trimestre. Les titres n'ont pas tous été rendus publics, mais deux sont cités : un texte encadrant l'amélioration génétique animale et un autre sur la politique en faveur des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire.
Les élus doivent aussi ratifier l'ordonnance n° 2025-290 du 7 mai 2025, qui modifie l'article 51 du Code électoral. Le sujet n'est pas anodin dans un pays où la réforme électorale revient régulièrement dans le débat public.
Au chapitre du contrôle, la commission d'évaluation des politiques publiques doit présenter son rapport sur la mise en œuvre de la loi portant transfert de compétences de l'État aux collectivités territoriales. Un rapport parlementaire sur le colloque international consacré aux collectivités, tenu du 26 au 28 mars, sera également entendu.

Un Sénat qui se veut connecté

C'est le volet le plus commenté de ce discours d'ouverture. « Oui, le Sénat se modernise », a affirmé Kandia Camara, citée par RTI. Concrètement, la chambre haute annonce la numérisation de ses procédures : suivi des présences, dépôt des amendements sur une plateforme dédiée, archivage, puis, à terme, vote électronique. Les présidents de commission doivent recevoir du matériel numérique pour faciliter les échanges. Une plateforme d'échanges entre sénateurs et citoyens est aussi évoquée.
Aucun calendrier de mise en service n'a été communiqué. Il faudra donc attendre les prochaines semaines pour savoir si ces outils arrivent avant l'examen du budget ou après. Dans les assemblées qui se sont lancées dans ce type de réforme, la phase de test dure souvent plusieurs mois, et le vote électronique suppose des garanties techniques et juridiques qui ne s'improvisent pas.

L'intelligence artificielle entre dans l'hémicycle

La présidente du Sénat a aussi voulu inscrire l'intelligence artificielle à l'agenda. L'idée : réfléchir à son rôle dans la fabrication de la loi et contribuer à un cadre pour son développement. Elle a cité la protection des données, la souveraineté numérique et la place de l'humain dans la décision publique. Le propos reste, à ce stade, une orientation. Aucun texte précis n'a été annoncé sur ce point.

Formation et invités

Parallèlement, du 12 au 15 octobre, le Sénat accueille à Yamoussoukro une formation certifiante en ingénierie législative, organisée avec l'Assemblée nationale, l'Assemblée parlementaire de la Francophonie et l'Université Senghor d'Alexandrie. Une cinquantaine de parlementaires et de collaborateurs venus de neuf pays y participent, sous le thème « De l'idée à la loi ».
Le président de l'Assemblée nationale, Patrick Achi, représentait le chef de l'État, Alassane Ouattara, à la cérémonie. La présidente du Sénat gabonais, Huguette Nyana Ekoumé, était l'invitée d'honneur. Plusieurs responsables d'institutions nationales étaient présents.

Ce qu'il faudra regarder

Une session d'ouverture est toujours l'occasion de déclarations d'intention. Le vrai test viendra des semaines suivantes : le calendrier de la plateforme d'amendements, le contenu des neuf projets de loi, et la manière dont les sénateurs s'empareront de l'intelligence artificielle, au-delà du discours. Pour les citoyens, la promesse d'un espace d'échange avec les élus mérite d'être suivie de près, car c'est elle qui rendrait cette modernisation visible hors des murs de Yamoussoukro.
Principaux points de la réforme de l'ordonnance n° 2025-290 du 7 mai 2025 :

• Précision du parrainage présidentiel : L'ordonnance remplace la formulation « des districts autonomes et régions » par « des régions et dans chacun des districts autonomes d'Abidjan et de Yamoussoukro ».

• Condition de parrainage : Elle confirme l'obligation pour chaque candidat à l'élection présidentielle de recueillir le parrainage d'au moins 1 % de l'électorat local, réparti dans au moins 50 % des régions et dans les districts autonomes d'Abidjan et de Yamoussoukro.

• Ratification : Le projet de loi de ratification de cette ordonnance a été adopté par la Commission des affaires générales et institutionnelles (Cagi) de l'Assemblée nationale en avril 2026 et transmis pour examen au Sénat.

APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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