Le troisième sommet Russie-Afrique se tiendra à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, soit dans trois semaines. Selon TASS, plus de trente pays africains ont déjà confirmé leur participation. L'agence russe attribue ce chiffre à Anatoly Bashkin, directeur du département des pays d'Afrique subsaharienne au ministère russe des Affaires étrangères. Il s'agit donc d'une annonce de l'hôte, pas d'un décompte indépendant.
Une préparation qui s'étale sur l'année
La décision est ancienne. Vladimir Poutine a signé le 25 mars un décret désignant Moscou comme ville d'accueil et plaçant le comité d'organisation sous l'autorité de son conseiller Iouri Ouchakov. Le ministre Sergueï Lavrov a confirmé la tenue du sommet à Moscou le 8 avril. Ce choix marque un changement : des communiqués antérieurs du Forum de partenariat Russie-Afrique prévoyaient un sommet sur le continent africain.
Le 7 juillet, des consultations ont réuni M. Lavrov et le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, à Addis-Abeba. Leur déclaration conjointe, publiée sur le site du ministère russe, fixe les dates des 28 et 29 octobre. Elle s'appuie sur un mémorandum signé le 24 octobre 2019 et sur des plans d'action couvrant 2023-2026. L'objectif est d'adopter un nouveau plan pour 2027-2029. Les deux parties disent croire que le sommet donnera un « nouvel élan » à la relation, et citent comme principes la solidarité, le respect mutuel, l'égalité souveraine et la non-ingérence dans les affaires intérieures.
Le 20 juillet, selon TASS, le vice-ministre Georgy Borisenko a présenté aux ambassadeurs africains à Moscou les aspects organisationnels du sommet et du forum économique et humanitaire qui l'accompagne.
Ce que disent les participants
Début mai, M. Lavrov s'attendait à ce que « la grande majorité des pays du continent » soit représentée. L'ambassadeur d'Algérie en Russie, Tewfik Gouamri, a annoncé la participation active de son pays et qualifié la coopération avec Moscou de « puissant levier pour le développement du continent africain ». Rappelons que l'Algérie a refusé de condamner la guerre en Ukraine aux Nations unies.
Pour mesurer l'ampleur, il faut regarder les éditions précédentes : Sotchi en 2019 (43 chefs d'État) et Saint-Pétersbourg en juillet 2023, avec des délégations officielles de 48 pays africains. Dans ce cas, plus de trente confirmations à trois semaines de l'ouverture ne disent pas encore si le sommet fera mieux ou moins bien. Quoi qu'il en soit, il s'agira de la première grande réunion Russie-Afrique organisée en Russie depuis le début du conflit ukrainien en février 2022.
Et l'Afrique de l'Ouest ?
News Ghana mentionne un mémorandum de coopération en matière de défense signé à Moscou en août 2025 par le Mali, le Niger et le Burkina Faso, réunis dans l'Alliance des États du Sahel. Le média évoque aussi un protocole entre l'université d'État de Moscou et l'université Assane Seck de Ziguinchor, au Sénégal. Pour l'heure rien ne dit que la Côte d'Ivoire fera partie des pays confirmés. Pour un lectorat ivoirien, la question est posée ; elle reste sans réponse documentée pour l'instant. À suivre : la liste des délégations, qui devrait se préciser à l'approche du 28 octobre.







