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Trump souhaite « un nouveau président » à Kiev, tandis qu'une attaque contre l'aéroport de Riyad fait douze morts

Samedi 10 octobre, Donald Trump a jugé qu'il était temps que l'Ukraine change de président, en reprochant à Volodymyr Zelensky ses frappes sur les raffineries russes. Le même week-end, une attaque attribuée aux houthistes contre l'aéroport de Riyad a fait douze morts, et Washington envisage de s'associer à la riposte saoudienne. Ni Moscou ni Pékin ne se sont encore exprimés.

JGJunior Gnapié11 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 34 foisPolitique
Portrait officiel du président américain Donald Trump, juin 2026
📷 Illustration : Trump souhaite « un nouveau président » à Kiev
C'est une phrase qu'aucun président américain n'avait prononcée en public sur un allié en guerre : « Je pense qu'il est temps que l'Ukraine ait un nouveau président. » Donald Trump l'a dite samedi 10 octobre depuis la Maison-Blanche, après avoir annoncé la veille un accord avec Vladimir Poutine pour acheter du diesel russe. Dans le même temps, au Moyen-Orient, l'attaque contre l'aéroport de Riyad donne à la guerre régionale une nouvelle tournure.

Le diesel, au cœur de la querelle

Le président américain reproche à Volodymyr Zelensky de frapper des raffineries russes, ce qui, dit-il, pèse sur l'offre mondiale de diesel. « Il veut créer des problèmes à nos agriculteurs, à nos éleveurs avec le diesel », a-t-il déclaré, avant de conseiller à Kiev de « trouver un nouveau dirigeant qui puisse conclure un accord » et d'ajouter que le président ukrainien « ferait bien d'arrêter ».
Le contexte est américain autant qu'ukrainien. Le diesel a atteint un record de 6,52 dollars le gallon en septembre, soit plus du double d'un an plus tôt, et se situe aujourd'hui autour de 6,20 dollars selon l'association AAA. La flambée est liée à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. À trois semaines des élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre, la pression pèse sur le camp républicain.
L'accord annoncé vendredi prévoit, selon les chiffres rapportés, plus de 300 000 tonnes de diesel « immédiatement », 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes, puis trois millions supplémentaires. Le Trésor américain a délivré une licence générale temporaire pour permettre cet approvisionnement. Des analystes cités doutent que la Russie puisse livrer ces volumes sans puiser dans son marché intérieur, et jugent leur effet sur les prix limité. Ses exportations de diesel sont tombées à 190 000 barils par jour au troisième trimestre, contre 850 000 au premier.

Kiev répond, des élus américains aussi

Volodymyr Zelensky a dénoncé un signal favorable à Moscou. « La Russie a dit merci pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel », a-t-il écrit, juste après une frappe russe sur Zaporijjia. Cette attaque a fait vingt morts, dont trois enfants, selon un article d'Al Jazeera. Il en conclut : « Il faut d'autres signaux. » Son ministre des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a rappelé sur X que le président ukrainien « a le soutien du peuple ukrainien, qui a le droit de décider ».
À Washington, le républicain Don Bacon estime qu'il faut appliquer les sanctions votées par le Congrès, pas les assouplir. Le texte en question, la loi « Lindsey Graham Sanctioning Russia and Iran Act », signée par Trump le mois dernier, prévoit notamment des droits de douane pouvant atteindre 100 % contre les principaux importateurs d'énergie russe. Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a de son côté annoncé un renforcement des sanctions contre la Russie après un échange avec Zelensky, selon Downing Street.
Des négociateurs ukrainiens, européens et américains se sont réunis à Miami pour préparer une proposition de paix commune. Le Kremlin n'a fait aucune déclaration officielle pour l'instant ; un titre associé l'article d'Al Jazeera laisse entendre que Poutine aurait dit à Trump qu'une négociation est peu probable, mais ce point reste à vérifier.

Riyad : douze morts, 309 blessés

Autre front, autre bilan. Selon l'autorité saoudienne de l'aviation civile, l'attaque contre l'aéroport international du Roi-Khalid, à Riyad, a tué douze personnes et en a blessé 309. Al Jazeera la décrit comme la dernière attaque houthiste, sans mentionner de revendication formelle. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a promis une riposte.
Donald Trump a dit qu'il « regarderait » l'idée de rejoindre Riyad dans des frappes contre les houthistes et qu'il comptait appeler le prince héritier Mohammed ben Salmane. Washington discute aussi d'une reprise des frappes contre l'Iran. Dimanche, l'armée américaine a dit avoir neutralisé un navire qui tentait de franchir le blocus imposé à l'Iran dans le golfe d'Oman.

Et Pékin ?

Les textes consultés ne rapportent aucune réaction de la Chine, ni sur l'Ukraine, ni sur Riyad. Ce silence mérite d'être noté : la Chine est un gros acheteur de pétrole du Golfe et de pétrole russe, et la loi américaine de sanctions pourrait la concerner indirectement. Mais rien, dans ce que nous avons pu lire, ne permet d'affirmer une prise de position.

Ce qu'il faut retenir

Deux dossiers qui paraissent distincts convergent sur un point : le prix de l'énergie. Washington cherche du diesel pour calmer son électorat, quitte à desserrer ses propres sanctions, et affronte au même moment une guerre dans le Golfe qui menace les approvisionnements. Pour l'Afrique de l'Ouest, importatrice nette de produits pétroliers, ces tensions se traduisent tôt ou tard à la pompe. Il faudra surveiller les livraisons réelles de diesel russe, la riposte saoudienne et la réaction de Kiev à l'appel de Donald Trump.
Sources : Al Jazeera, « Trump says Ukraine needs a new president who will agree to end the war » (10 oct. 2026) ; « Why is US turning to Russia for diesel despite sanctions? » (10 oct. 2026) ; direct « Iran war live » (11 oct. 2026).
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